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A la découverte des trésors de notre tradition monacale

jeudi 6 octobre 2005

Nous vous proposons un petit voyage à la découverte des richesses que recèle la tradition monacale de notre Eglise ; ce mois-ci, nous nous rendons chez Macaire le Grand (IVe/Ve siècle).

Macaire (IVe/Ve siècle)

Macaire/Siméon, appelé Pseudo Macaire ou encore Macaire le Grand est un auteur syriaque du IVe siècle, père spirituel des moines syro-mésopotamiens.

L’enseignement spirituel des homélies de Macaire se réfère continuellement à l’Écriture. Il est centré sur la prière considérée comme le roc sur lequel le chrétien doit appuyer sa vie et son combat de tous les jours : “ Ce qui importe par dessus tout, c’est la constance dans la prière ». Pour l’homme tenté par le mal, la prière est avant tout un continuel effort pour frapper et demander à Dieu la libération “ avec un amour insatiable et un élan continu, de tout son coeur et de toute sa force ”.

Homélie de Macaire le Grand

Celui qui ne reçoit pas tout de suite la grâce de l’Esprit est stimulé davantage encore à la ferveur par le délai que Dieu lui impose. Il aspire plus vivement aux biens célestes ; ses bons désirs et son zèle, sa course et son combat pour le bien, son élan vers la vertu, sa faim et soif de justice, augmentent de jour en jour. Il ne se laisse pas décourager par les pensées mauvaises qui envahissent son âme, ni entraîner à la négligence, à l’impatience et au désespoir. Il ne se laisse pas non plus aller à l’insouciance, sous le couvert de la patience en prétextant qu’un jour ou l’autre il recevra la grâce de Dieu.

Au contraire, plus le Seigneur tarde et le fait patienter pour éprouver sa volonté de croire et d’aimer, plus il recherche le don de Dieu avec ardeur, laborieusement, sans réserve, inlassablement, croyant une fois pour toutes avec pleine certitude que Dieu est véridique et ne peut se tromper, lui qui a promis d’accorder sa grâce à ceux qui la lui demandent avec foi, en toute patience et persévérance.

Les âmes croyantes tiennent en effet Dieu pour fidèle et véridique. Comme dit l’Évangile, elles “ certifient que Dieu dit la vérité ” Dans la lumière de cette foi, elles s’examinent autant qu’elles le peuvent pour connaître leurs déficiences en fait de labeur, de lutte, de combat, de zèle, de foi, de charité ou de pratique des autres vertus. Ayant ainsi scruté leur conscience avec une minutieuse exactitude, elles se font violence de tout leur pouvoir afin de plaire à Dieu. Elles ont la conviction que Dieu, étant véridique, ne les privera pas du don de l’Esprit si elles persévèrent jusqu’à la fin en toute diligence à le servir et à l’attendre. Elles croient même que la grâce céleste leur sera accordée tandis qu’elles seront encore dans la chair et qu’elles obtiendront la vie éternelle…….

La prière continue est le sommet de tout élan vers le bien et la clef de voûte de tous les actes vertueux. C’est par elle que nous pouvons demander à Dieu et obtenir quotidiennement de lui les autres vertus. Ceux qui en sont jugés dignes reçoivent par son intermédiaire la participation à la sainteté divine et à l’énergie spirituelle ; le fond de leur esprit est pour ainsi dire attaché au Seigneur dans un amour inexprimable. Celui qui s’oblige à persévérer chaque jour dans la prière voit, en effet, s’allumer en lui l’amour divin et brûler le désir de Dieu, grâce à l’amour de l’Esprit qui habite en lui. Cet Esprit sanctificateur lui donne aussi la grâce de la perfection.

La grâce n’est autre que ce feu céleste qui brûle en ton intérieur. Quand tu pries et fixes tes pensées sur l’amour du Christ, tu alimentes ce feu. Tes pensées sont alors plongées dans le désir de Dieu et deviennent incandescentes. Même si l’Esprit se retire comme s’il te devenait extérieur, il reste cependant en toi, tout en paraissant hors de toi.

Par contre, si on devient négligent, si on se livre tant soit peu aux affaires de ce monde et aux distractions, le mal revient, pénètre dans l’âme et commence à assiéger cet homme de toute part. Il redevient la proie des tribulations. Se souvenant de son repos antérieur, il ne cesse plus d’être malheureux. Mais si l’intellect s’applique de nouveau à Dieu, la paix de jadis réapparaît progressivement et il se met à la rechercher avec plus d’ardeur que jamais.

Pascal Murri

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