Prêt à bouger ?
Ces temps au sein de PASAJ, cela bouge. Du côté des jeunes comme d’habitude. Mais, aussi du côté des animateurs. Il y a des nouveaux collègues qui sont arrivés. Il y en a d’autres qui vont vers d’autres horizons. Pas évident forcément de changer, de partir d’un endroit qu’on apprécie. Mais la vie, le Seigneur et des événements peuvent nous entraîner ailleurs, parfois dans des lieux surprenants. Alors pourquoi ne pas tenter cette aventure aussi ?
Mais, avant de te dire où je vais et ce qui me fait vivre, j’ai aussi envie de te partager un peu d’histoire. Oh oui, je sais, aujourd’hui on valorise le présent et le futur. Mais comme un arbre a besoin de racines pour tenir et grandir, peut-être devons-nous relire le passé ?
Milieu des années 90
Tu avais peut-être cinq ou dix ans voire plus, quand j’ai commencé comme animateur pastoral pour le monde des apprentis et de la formation professionnelle. C’était au milieu des années 90, en été 1995. La situation commençait a être difficile dans le domaine du travail. De plus en plus de monde se retrouvait au chômage. Les jeunes de cette époque avaient déjà quelques problèmes pour trouver un apprentissage, pour durer dans la formation professionnelle et pour obtenir un emploi ensuite.
D’où l’option de l’Eglise catholique de créer un service pour tout ce domaine en complément aux groupes de jeunes (JCVD) et à des aumôneries de gymnases, sans oublier des mouvements, la pastorale monde du travail jeunes. Ce service a surtout développé des aumôneries dans les écoles professionnelles en collaboration avec des collègues protestants, pour offrir des espaces d’écoute et des expériences pour découvrir ensemble le sens de la vie et la foi.
Les difficultés s’aggravent
Dix ans plus tard, je constate malheureusement que la situation des jeunes dans le domaine de l’apprentissage et de l’emploi s’est aggravée. La société a de la peine à proposer à chacun et chacune une formation et une place de travail pour de multiples raisons. Or le travail est un aspect important de la vie de chacun. Il permet de gagner un revenu, d’apporter sa part à la vie sociale et, on peut l’espérer, de développer certains de nos talents.
Aussi, nous avons tous, chacun à notre niveau un immense défi à relever : construire autrement ce monde pour qu’il ressemble un peu plus au Royaume voulu par Jésus et son Père. La réalisation pleine de ce Royaume de fraternité, de respect, de paix sera pour l’éternité, mais dès aujourd’hui nous pouvons déjà y apporter notre part.
Dieu ne cesse de s’engager, en particulier à travers nous, pour développer sa création afin que chacun s’épanouisse. Là où nous sommes nous pouvons contribuer à favoriser la vie, celle qui a du bon goût, qui permet à tous de grandir, d’épanouir ses dons.
Horizon… département « solidarités »
Maintenant, j’ai pris le risque d’une nouvelle étape en acceptant de devenir coordinateur du département « Solidarités » de l’Eglise catholique dans le canton de Vaud. Cette étape est à la fois un départ et aussi une suite.

Petit à petit, je prends conscience de tout ce que j’ai appris, vécu à PASAJ avec vous amis lecteurs, avec plein d’autres jeunes, avec les collègues. Un chaleureux merci à chacun et chacune.
En même temps, ce nouveau poste de permettra de mettre à disposition tout ce que j’ai appris dans le monde du travail et du non-emploi pour favoriser avec plein de baptisés une présence d’Eglise auprès de personnes en difficulté dans divers domaines : asile, prison, monde du travail, dépendances, nouvelles pauvretés. Et PASAJ demeurera un partenaire important pour développer cette présence auprès des 15 - 25 ans et susciter la solidarité de multiples manières.
Un jeu de mots qui a du sens
Pour moi, le nom PASAJ me parle beaucoup. On peut jouer sur l’orthographe. Cela peut-être : "pas sage". Notre monde a un besoin profond d’une saine folie. Celle de Dieu. Celle de l’amour et de l’amitié. Oui, il s’agit de ne plus être sage devant le poste de TV, devant la tonne de publicité, devant les inégalités et les exclusions sociales de tout type Pourquoi pas une saine révolte animée par l’amitié, le respect, la liberté qui fait grandir l’autre.
Le PASSAGE bloqué…
PASAJ c’est aussi le passage,. Il peut être étroit, branlant, très pentu, au-dessus des précipices. Mais il peut ouvrir des horizons insoupçonnés comme en montagne quand on arrive sur une nouvelle vallée.
Le vendredi de la mort de Jésus, tout semblait noir. Le passage était bouché, voir supprimé. C’était comme si le pont était cassé. Plus possible de poursuivre la route avec celui qui apportait la paix, la guérison, tant d’humanité dans le respect de chaque liberté.
Et même ses plus proches amis, qui avaient été trois ans avec lui et avaient été prévenu, l’ont trahi, renié, quitté. Jésus était seul confronté à l’angoisse de la mort et en demeurant fidèle à sa mission : être amour sans violence et sans défense.
Cette situation n’est-elle pas proche de nombre de nos situations tant personnelles, que familiales ou sociales ? Nous sommes devant une route sans issue.
La récréation du PASSAGE
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là nous disent des témoins. Par les évangiles, des écoutants de ces témoins nous disent que le passage a été libéré et recréé. La pierre a été roulée. Celui qui était « momifié » a été libéré, les bandelettes misent de côté. Et il n’a pas disparu totalement. Il revient vers ses amis pour leur dire que le passage vers la vie à travers la mort est possible. Jésus ressuscité renoue le contact et les relations. Il refait confiance à ceux qui l’ont trahi. Quel horizon extraordinaire s’ouvre devant nous. Oh ! Il faut bien du temps pour vivre tout cela, l’intérioriser , se laisser transformer. Même si le mystère pascal est exprimé en trois jours dans la Bible, à nous il nous faut certainement toute une vie pour faire ce passage vers la confiance totale en Dieu. Au cours de ces années, dans ma modeste vie et dans celles de bien des jeunes et des collègues, je crois que j’ai perçu des aspects de passage vers cette vie en Dieu. L’horizon s’est réouvert pour bien des jeunes devenus adultes que j’ai plaisir à revoir.
PASAJ : un espace pour devenir soi-même avec Dieu
Je nous souhaite de poursuivre ensemble cette route en nous entraidant avec l’aide de l’Esprit de Jésus et du Père pour passer vers des horizons de paix, de fraternité et de respect. Que PASAJ demeure un lieu, un espace où chacun et chacune puisse devenir pleinement lui-même. Et toute ma reconnaissance à toutes celles et ceux qui m’ont fait évoluer, grandir, développer des aspects de ma personne que je ne connaissais pas. Merci pour ce temps béni et riche.
Michel Racloz, animateur pastoral
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