Des soeurs au service de l’Eglise de Lyon et d’ailleurs
L’exposition « Art liturgique et modernité à l’atelier des dominicaines 1930-1990 » propose aux visiteurs de découvrir 60 ans l’art liturgique en France à travers la production des sœurs dominicaines de sainte Catherine de Ricci installées à Crépieux dans le Rhône après la seconde guerre mondiale. La communauté a répondu à de nombreuses commandes dans la région lyonnaise, mais aussi plus largement en France et à l’étranger. Ainsi, l’atelier a réalisé des pièces destinées à divers prélats tel que Monseigneur Richaud, dont l’exposition présente un ensemble de mitres des années 1930. Suite au Concile de Vatican II, les sœurs ont également répondu à des demandes de vêtements liturgiques et de tapisseries Outre-Atlantique, destinés à des évêques et des prêtres américains.

La création de vêtements liturgiques
Les sœurs réalisaient principalement des pièces de paramentique (vêtements liturgiques) comme des chasubles, des pluviaux, des dalmatiques, ou encore des mitres. Vers les années 70, elles ont également fabriqué des tapisseries. L’ensemble de leur production témoigne de leur engagement en faveur du renouveau des vêtements liturgiques au XXe siècle.
L’exposition : des oeuvres hors du commun
L’exposition comporte plusieurs parties, l’une des plus importantes au vue de son exceptionnalité est la présence de 4 chasubles conçues et dessinées par Henri Matisse. Leur réalisation est confiée aux sœurs dominicaines de Crépieux.
Pour les chasubles, les règles liturgiques n’exigent aucune ornementation, seules deux obligations sont à respecter : la présence d’une croix sur chaque chasuble et le respect des couleurs en fonction du temps liturgique. Pour la création des motifs, Matisse puise dans ses souvenirs de Tahiti. On voit ainsi des fleurs, des algues et des étoiles de mer.
_ Les maquettes des chasubles ont été réalisées à partir de papiers gouachés découpés. Les motifs découpés étaient alors positionnés un à un sur une maquette de chasuble en forme d’aile de papillon. Malheureusement, au fil du temps, les ornements se sont considérablement dégradés.
En 1996, ces derniers sont refaits à l’identique à l’initiative de Soeur Jacques-Marie, infirmière de Matisse devenue religieuse à Vence. Ces chasubles sont visibles grâce à l’autorisation des sœurs de la communauté du Rosaire de Vence.
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Pour illustrer ce dialogue entre les sœurs et l’art qui leur était contemporain, une belle tapisserie est visible à Fourvière. Il s’agit d’une reproduction de la Cène, confectionnée d’après un dessin du maître verrier Henri Guérin, constituant l’unique collaboration de l’artiste avec l’atelier. La tapisserie, malheureusement
disparue, évoque la forte relation d’amitié entre Henri Guérin et la communauté.
L’atelier des Dominicaines Crépieux en quelques dates
1932 : Création à Meudon de l’atelier Notre-Dame par les Dominicaines de sainte Catherine de Ricci
1936 : Installation Cannes.
1939 : L’atelier devient une SARL au nom des Ateliers d’Arts appliqués.
1945-1946 : Fondation d’une nouvelle maison à Crépieux.
1950 : Collaboration artistique avec Henri Matisse pour la réalisation des chasubles pour la chapelle de Vence (Alpes Maritimes).
1966 : Collaboration avec Henri Guérin pour la confection de tapisseries.
2010 : Départ des dernières religieuses de Crépieux.
Informations pratiques pour la visite de l’exposition
Du 20 juillet 2011 – 8 janvier 2012 au Musée d’art religieux de Fourvière. Informations : http://www.fourviere.org/fr_FR/visite-musee-art-religieux.php.
Accueil du public tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30 sauf 24, 25 et 31 décembre et le 1er janvier 2012.
Source et images : Narthex
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