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Aumônerie des HES/HEP : visite du temple Ganesh à Prilly.

jeudi 25 juin 2009

Découvrir une religion, poser nos questions, participer à un rituel de prières, échanger avec la communauté autour d’une collation, tels sont les objectifs de ce projet-découverte proposé par l’aumônerie œcuménique des HES/HEP dans le cadre de ses activités. Après le Bouddhisme et l’Islam, c’était au tour de l’Hindouisme avec la visite du temple Ganesh de la communauté tamoule de Prilly.

18h45, nous sommes 13 (un vendredi ☺), venus à la fois de la HEP et de la HEIG, à être accueillis par Mme Ranjan Gaeggler qui, depuis de nombreuses années, aime à partager avec les étudiants son amour de la tradition qui est la sienne : l’Hindouisme.

C’est sur les marches de l’escalier de l’immeuble abritant le temple construit dans le parking souterrain, 12 avenue de la Rochelle, à Prilly, que Ranjan nous présenta les fondements de l’Hindouisme, à savoir : les trois cent trente millions de divinités (heureusement résumées en trois formes principales ☺) – toutes considérées comme des manifestations divines de l’être suprême unique –, les textes sacrés et la loi du Karma. Quelques feuillets, pour les personnes souhaitant approfondir leurs connaissances, nous furent remis, comprenant l’origine de l’Hindouisme, les différents courants, les croyances et convictions fondamentales, les préceptes de conduite, les rites de passage, les prières et pratiques, les différentes étapes de la vie, les Gunas ou qualités qui sont les conditions de l’existence, le système des castes ainsi que les principales fêtes.

19h30, une fois déchaussés, nous passons le seuil du temple Ganesh. L’atmosphère est particulièrement dépaysante et parfumée : à l’entrée du temple, le brahmane (prêtre indien), torse nu, prépare les corbeilles d’offrandes – noix de coco, bananes, feuilles de bétel, encens, pétales de fleurs – pour le rituel de prières au cours duquel il déposera ces offrandes devant les statues figurant les divinités.

C’est vendredi, jour d’affluence au temple. Les familles sont présentes, enfants, parents, grands parents, avec leurs habits colorés. Certaines femmes portent le point rouge sur le front, signifiant qu’elles sont mariées. La cérémonie peut commencer au rythme soutenu de la cloche, des incantations du brahmane, accompagné d’une musique traditionnelle diffusée par des haut-parleurs.

Au cours de la cérémonie, le prêtre brisera des noix de coco, symbolisant par là qu’il offre son cœur et celui de la communauté à Ganesh. Il présentera également des pétales de fleurs et brûlera de l’huile de sésame pour obtenir la bénédiction du dieu Ganesh. Plus tard, le brahmane marquera le front des fidèles avec la cendre du feu du sacrifice. Notons que s’enduire différentes parties du corps avec de la cendre sacrée, comme pour le prêtre, est considéré comme étant de la plus haute valeur spirituelle. Cette poudre grise représente l’étape finale de chaque chose ("de la poussière jusqu’à la poussière"). C’est la réalité qui reste lorsque le désir et l’ego ont été brûlés par le feu de l’illumination. Elle symbolise la pureté et la renonciation aux désirs. Elle nous rappelle la nature temporaire de notre corps physique qui, un jour, sera réduit en cendre après la mort. Elle nous rappelle aussi l’urgence de nous efforcer sérieusement de progresser sur le chemin spirituel et d’arriver près de Dieu dans cette vie même.

Le dieu Ganesh, fils du dieu Shiva et de la déesse Parvati, est reconnaissable à sa tête d’éléphant et à son corps obèse. Il est assis sur un trône et il porte une couronne. Il tient une hache dans sa main et il mange des petites pâtisseries. Il est sans doute la divinité la plus populaire de l’Inde. Considéré comme celui "qui enlève les obstacles", tant matériels que spirituels, il est devenu la divinité des voyageurs, des marchands, des voleurs et des érudits. Porteur de chance, les hindous le prient avant d’entreprendre une action importante.

Poursuivant le rituel d’invocations, au rythme de la syllabe « AUM » – caractère sacré du sanskrit, son originel, celui qui a permis la création du monde ou qui représente la Trinité (Brahma, Shiva, Vishnu) –, on s’arrêtera aussi devant le sanctuaire hébergeant les déités des neuf planètes (le Soleil, la Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Venus, Saturne, Pluton et Neptune). Ces déités masculines et féminines passent pour gouverner les destinées humaines en vertu de leurs pouvoirs bénéfiques ou maléfiques. Les Hindous s’adressent à elles pour la réussite d’un évènement particulier, une action religieuse, ou sociale.

20h30, la cérémonie s’achève et un plat de riz épicé nous est offert. Nous partageons cette collation avec la communauté et profitons de ce moment de convivialité pour poser nos dernières questions à Ranjan, tout en sympathisant avec les personnes les plus jeunes comprenant notre langue.

21h00, nous prenons congé les uns des autres. Le temps de rechausser nos vieilles habitudes, nous quittons progressivement cet univers exotique. Mais dans le cœur et dans la tête raisonnent encore la chaleur et le sourire d’une communauté accueillante, à la fois discrète et bien intégrée dans le paysage lausannois.

Rappelons que le temple Ganesh est une organisation culturelle et religieuse à but non lucratif. Les cérémonies ont lieu deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, ainsi que les jours de fête. Les buts étant de promouvoir la culture du pays, d’organiser des activités culturelles, de donner des cours de religion Hindoue pour les enfants et d’organiser plusieurs fêtes et mariages culturels. A noter aussi que quelque 42’000 personnes d’origine sri lankaise vivent en Suisse, dont 90 à 95% sont des Tamouls. Dans les années 1980, fuyant un conflit armé qui n’a pas trouvé de résolution pacifique jusqu’à aujourd’hui, les premiers Tamouls arrivent en Suisse pour y déposer une demande d’asile. Le Sri Lanka est déchiré depuis plus de vingt ans par un conflit qui voit se confronter une majorité cinghalaise au pouvoir et une minorité tamoule qui lutte contre les discriminations dont elle est l’objet.

Christian Rossier, aumônier des HES/HEP.

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