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C’est le début de l’année, il fait froid, c’est gris et nous tous sommes bien cachés sous les doudounes. C’est aussi pour beaucoup d’entre nous un nouveau départ avec des nouvelles résolutions pour 2019, il y en a une que j’aimerais partager avec vous.

 

Je pense au passage de l’Evangile selon St Marc (10, 46b-52). Une histoire bien connue mais deux détails retiennent mon attention.

Dans l’Evangile, Jésus avec ses disciples arrive à Jéricho. Dans une grande foule se trouve Bartimée, le fils de Timée, mendiant aveugle, qui était assis au bord du chemin. En voyant Jésus, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi! Quand Jésus s’arrêta et l’appela : L’aveugle jeta son manteau, et, se levant d’un bond, vint vers Jésus. Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. » (Marc 10,50-51)

 

Il a jeté son manteau puis il a dit à Jésus Rabbouni.

Le lieu de la rencontre c’est Jéricho. Ce nom est dérivé de la racine sémitique « lune » et indique que la ville était l’un des premiers centres de culte des divinités lunaires. La lune règne dans la nuit, la nuit règne à Jéricho. Elle était le dernier obstacle avant d’arriver à la terre promise, la ville la plus basse du monde, une ville de ténèbres.

 

Bartimée appelle Jésus « Rabbouni » ce qui signifie maître, cette appellation est aussi pleine d’affection. Qui d’autre s’adresse à Jésus comme Bartimée ? C’est Marie de Magdala après la résurrection : « Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! C’est-à-dire, Maître! » (Jean 20,16). Il n’y a que deux personnes qui disent Rabbouni, quel est donc le lien entre elles?

Les deux étaient aveugles, Marie n’a pas reconnu Jésus, elle pensait que c’était le jardinier, les deux ont eu aussi la vie difficile… Ce couple c’est peux être aussi celui d’Adam et Eve qui après avoir mangé le fruit interdit, ont vu : « Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent… » (Genèse 3,7). Les yeux sont ouverts mais ils ne voient plus. Et le manteau de Bartimée? « L’Éternel, Dieu, fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. » (Genèse 3,21)

 

Si c’est l’histoire d’Adam et Eve c’est aussi notre histoire, nous sommes tous de Jéricho, un peu aveugles. Jésus passe chaque jour par ce « Jéricho » de chacun, une chose que nous pouvons faire c’est de nous lever, jeter notre manteau et courir vers Celui qui nous rendra la vue. Sûrement Bartimée en courant vers Jésus tomba plusieurs fois, il passa à travers la foule sans voir où était Jésus, mais ce n’était pas grave, et les moqueries des autres n’étaient pas graves non plus.

 

Il a jeté son manteau quelque part dans la foule, la seule chose qu’il avait, à laquelle il était attaché. Cet habit c’est ce qui nous enferme et qui nous bloque, nos habit(ude)s, nos mauvaises convictions envers nous mêmes : que cela n’est pas possible, que je ne suis pas à la hauteur, que je ne crois pas en moi, aux autres…

 

Peut-être au début de cette année notre cœur nous dit de nous lever vers quelque chose, mais il faut enlever notre « doudoune » et courir vers, puis nous allons retrouver la vue comme Bartimée après plusieurs années et nous verrons à nouveau.

 

 

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Justyna