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Nous y voilà: nous sommes aujourd’hui tous appelés à rester chez nous pour endiguer cette pandémie effrayante.

 

De la stupeur d’abord, puis de la tristesse. Tout s’arrête, télétravail oblige, on ne voit plus ses collègues qu’on apprécie tant, on regrette ces discussions fructueuses, ces séances qui nous sollicitent, ces moments d’écoute bienveillante… Je sais maintenant que je ne verrai pas mes enfants à Pâques, bloqués qu’ils sont en Angleterre. Vais-je devoir renoncer à aller voir ma mère pour ne pas la mettre en danger? Solitude, silence.

 

Et puis, comme un bruissement, comme un léger souffle de vie, les petits textos se mettent à apparaître sur nos téléphones. Tu vas bien? On s’appelle? Comme une vague qui se soulève, des témoignages d’amour affluent, des signes, des photos, des gestes d’amitié. Je reçois ce message de mon fils à Londres comme une bénédiction: «Maman, si nous sommes contraints d’annuler le week-end de Pâques chez grand-mère, on pourrait faire une grosse vidéo-conférence sur Skype et faire le dîner en conférence call. On cuisine tous la même chose chacun de notre côté et on se met en vidéo en même temps pour manger.»

 

Être séparés les uns des autres et pourtant communier ensemble au même repas et à la même coupe. Ce message d’espérance a illuminé ma soirée. Nous pouvons tous faire fi des frontières et se retrouver ensemble par l’esprit. Oui, l’amour est plus fort que la crainte, que la peur, que la maladie, que l’isolement. L’amour ne passera jamais.

 

 

Isabelle Vernet

 

 

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