sacrifice isaac rembrandt

L’ancien testament est perçu par beaucoup de lecteurs de la Bible comme un ensemble de textes que, malgré le fait qu’ils parlent de Dieu, se présentent plein de violence. L’un de ces textes est justement celui du « sacrifice » d’Isaac[1], que la tradition juive appelle «la ligature d’Isaac ».[2]

 

Il y a plusieurs choses importantes à observer dans ce passage.

Premièrement, on voit bien que selon le texte biblique Abraham est mis à l’épreuve (v. 1). Ainsi, Dieu lui ordonne de prendre son fils unique et de le lui offrir en holocauste, c’est-à-dire, le tuer. Or, c’est un commandement difficile à accomplir, car Isaac était le « fils unique » de Abraham, celui qu’il aimait. Ainsi, il va falloir à Abraham montrer où il place son cœur. Et ce que le verset 3 nous montre, c’est qu’Abraham entend et écoute la voix de Dieu ; il répond présent à cet appel de la part de Dieu[3].

 

Le scénario est terrifiant, puisqu’il met en route l’accomplissement de l’acte qui a été demandée au v. 2. À la question posée par Isaac « où est l’agneau ? » (v. 7). Abraham répond – « C’est Dieu qui pourvoira », (v. 8). On voie bien qu’il ne ment pas à Isaac. En fait, Abraham marches attaché à la parole de Dieu comme un vrai croyant.

Et Abraham va jusqu’au bout de sa confiance, jusqu’au moment où l’ange du Seigneur l’appelle et à nouveau il répond « Me voici ». Le texte nous présente un Abraham qui écoute toujours la voix du Seigneur et qui se laisse guider par sa Parole. Et c’est par la parole de l’ange, et non pas par son geste, qu’Abraham est arrêté. À nouveau, attentif à la parole de l’ange, qui est Parole de Dieu, Abraham se met à faire la volonté du Seigneur.

sacrifice isaac rembrandt

Ce récit nous montre qu’Abraham est prêt à faire la volonté du Seigneur à n’importe quel prix, même si cela implique la mort de son fils unique. Mais Dieu ne demande pas la mort. Et le récit nous enseigne quelque chose d’essentiel : Abraham avait le cœur libre. Il n’a pas gardé Isaac comme une propriété à lui[4]. Pour Abraham tout ce qu’il avait, y compris son fils Isaac, a été donné par Dieu (Genèse ch. 18). Ce pourquoi Abraham se fie complètement à Dieu, de façon entièrement libre.

 

Le récit du sacrifice d’Isaac invite à nous tous (prêtes, agents pastoraux, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes) à une réflexion : dans notre vie quotidienne, comment nous marchons avec Dieu ? Est-ce que nous sommes prêts à faire la volonté du Seigneur, même si cela nous paraît trop exigent ou même une folie ? Est-ce que nous sommes libres ? Est-ce que vivre en présence de Dieu nous rend libre ? Ce sont des questions essentielles, sur lesquelles il serait intéressent d’échanger à partir de ce récit[5].

 

 

Aleksandro Clemente

 

Logo : Le sacrifice d’Isaac de Rembrandt



[1] Voir le chapitre 22 du livre de la Genèse
[2] https://fr.chabad.org/parshah/article_cdo/aid/581618/jewish/La-ligature-dIsaac.htm
[3] « 3. Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. »
[4] Nieuviarts, Jacques. « Comment comprendre le sacrifice d’Isaac ? » :<https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Sacrifice/Comment-comprendre-le-sacrifice-d-Isaac>
[5] Cet article a été écrit à partir des réflexions du père Jacques Nieuviarts, assomptionniste, bibliste.