lusage du monde

Nicolas Bouvier, écrivain suisse, décide un jour de partir vers le Monde Persan en partant de Genève jusqu’au Pakistan dans une petite voiture en compagnie de son ami peintre Thierry Vernet, pour découvrir le monde, et se découvrir lui-même.

L’écriture ciselée et poétique de Bouvier nous transporte dans un  monde imagé, rempli  d‘anecdotes savoureuses et de descriptions exotiques. C’est à Shakespeare qu’il emprunte l’exergue de ce livre superbe, «  Je dois partir et vivre, ou rester et mourir ». Il y a dans cette écriture magnifique le reflet d’une nécessité absolue : partir, partir et se dessaisir de ses habitudes, partir et rencontrer l’autre, partir et se comprendre, partir et découvrir l’insolite, le beau, l’inattendu, l’insoupçonné.

Mais plus qu’un livre de voyage, il s’agit d’une méditation sur sa propre existence : « comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance centrale de l’âme qu’il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre… » Tout au long de son périple, Nicolas Bouvier nous invite donc à découvrir le monde loin des certitudes que nous avions. C’est par le voyage que nous approfondissons notre connaissance et découvrons qui nous sommes vraiment et « que nous ne redeviendrons jamais plus tout à fait les misérables pédants que nous étions. »

 

Une lecture que je vous recommande pour ce début d’année 2018 !

 

Isabelle