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Mercredi des cendres, lors du traditionnel rite de l’imposition des cendres nous entendons le prêtre prononcer sur nous l’une de ces deux phrases : « Convertis-toi et crois à l’Evangile », ou bien : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière ».

 

En exergue à l’un de ses ouvrages, Hubert Reeves, astrophysicien canadien, cite ce que lui écrit l’une de ses lectrices : « On m’avait que j’étais poussière, quelle joie de découvrir que je suis poussière d’étoiles ! ». Elle faisait allusion au fait que tous les éléments qui constituent notre univers sont nés dans le cœur incandescent des étoiles dont ils ont été projetés pour ensemencer le cosmos. Nous sommes bel et bien « poussière d’étoiles » ! La science confirme la poésie mystique de st François chantant frère soleil, sœur lune et les étoiles précieuses et belles. Nous sommes bâtis des mêmes matériaux.

 

« Tout est lié ! », ces mots reviennent comme un refrain dans l’encyclique Laudato si’. « Créés par le même Père, nous formons une sorte de famille universelle » à tel point « que la désertification du sol est comme une maladie pour chacun et que nous pouvons nous lamenter sur l’extinction d’une espèce comme si elle était une mutilation » (n. 89) La détérioration de notre univers devrait nous toucher comme la maladie d’un frère très aimé. Détérioration dont nos lâchetés et nos égoïsmes sont en partie responsables. Ils contribuent à la dégradation de notre « maison commune ». «  Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands » (n. 217).

 

Mais la réciproque est vraie : si nous faisons fleurir nos déserts intérieurs, les déserts extérieurs refleuriront ! Le chemin de conversion auquel le carême nous appelle vivifie nos cœurs, nos relations, mais aussi, osons le croire, notre planète. Surtout si nous nous engageons dans la « sobriété heureuse », à laquelle invite le pape François. Il s’agit de « cesser de picorer ici et là », en quête de mille et un plaisirs, pour se réjouir des choses les plus simples, les rencontres fraternelles, la beauté, le contact avec la nature, « pleine de mots d’amour », que nous n’entendons plus (n. 223 et 225).

 

Souviens-toi que tu es poussière… d’étoiles !

 

Bon carême !

 

Sr Jeanne-Marie