parole

« L’importance d’une parole se mesure à la place qu’elle prend durablement en chacun de nous, à ce qu’elle fait bouger en nous, à la terre intime qu’elle remue et fertilise ».

                                                                                                                              Henri Gougaud

 

Je vous parle aujourd’hui de la « parole ». Il fut un temps où  la parole n’était pas réduit à un ensemble de sons articulés, ni une simple expression d’une pensée ou d’une volonté. Elle désignait une réalité, un événement, une identité, une connaissance, une expérience transmise.

 

Autrefois, la parole prononcée devenait une force. On ne peut revenir sur sa parole, ou affirmer que ce n’est pas ce que l’on avait voulu dire, ou reprocher aux autres d’avoir mal compris ses mots. Prenons le cas de la bénédiction que Jacob obtient de son père Isaac, alors que celui-ci, aveugle, pensait bénir Esaü, son fils aîné. Malgré la ruse dont il a été victime, Isaac ne peut retirer la parole de bénédiction: elle produira son effet, même s’il y a eu erreur sur la personne (cf. Genèse 27).

 

Ma  mémoire contient des paroles qui y sont restées gravées comme si elles avaient été exprimées hier. Je me rappelle d’une parole de réconfort ou une parole blessante, qui a eu un impact dans ma vie. Aujourd’hui comme hier, la parole peut édifier, encourager, réconforter, faire vivre, comme elle peut aussi démolir, briser ou déconstruire une personnalité.

 

« Un jour le seigneur s’est adressé à Abel en disant qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn 4,9) Et aujourd’hui l’écho retenti, qu’avons-nous fait de nos frères avec « une parole ».

 

Roula