Caritas Internationalis (CI) exhorte les dirigeants mondiaux qui vont se rassembler cette semaine pour le sommet le plus important de l’histoire, à ignorer les tentatives visant à étouffer le débat sur la pauvreté dans le monde, et à remplir les promesses qu’ils ont faites il y a cinq ans en vue d’aider les plus pauvres.
Quelque 175 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus aux Nations Unies à New York, du 14 au 16 septembre, pour se pencher sur la situation d’avancement des Objectifs de développement du Millénaire (ODM), une liste ambitieuse d’objectifs en matière de développement, à atteindre d’ici 2015. Mais l’on craint que le débat soit relégué au second plan par les pays puissants tels que les Etats-Unis qui ont bien l’intention de mettre l’accent sur la réforme des Nations Unies et la sécurité mondiale, au détriment de la lutte contre la pauvreté.
La Confédération Caritas, qui compte 162 membres, déclare que les dirigeants mondiaux ont le devoir moral et éthique de faire en sorte que les ODM ne soient pas mis en marge du débat.
“Ils doivent être placés au centre de la déclaration des Nations Unies et non dans une note de bas de pas,” estime Jacques Bertrand, chef du service des enjeux mondiaux de CI. “Les ODM représentent l’espoir de trois milliards de personnes dans le monde et l’engagement de la communauté internationale de mettre un terme au fléau de la pauvreté”, rappelle-t-il.
La semaine dernière, CI a présidé la plus grande assemblée d’organisations non gouvernementales (ONG) de l’histoire, dans la même salle de conférence des Nations Unies où va se dérouler le sommet des dirigeants. Près de 3 500 ONG étaient présentes et la plupart sont tombées d’accord sur le fait que le sommet mondial de cette semaine pourrait représenter “la meilleure chance que nous ayons d’éliminer rapidement la pauvreté de la surface de la planète”, selon le Secrétaire général de CI, Duncan MacLaren.
“Le débat sur les ODM représente le meilleur moyen de rouvrir le débat sur le développement et de commencer à faire reculer la pauvreté qui porte atteinte à notre dignité en tant qu’enfants de Dieu », souligne M. MacLaren.
L’ordre du jour initial du Sommet portait sur l’examen des questions relatives à la réalisation des ODM visant à réduire la pauvreté, développer l’enseignement primaire, améliorer les soins de santé et établir des mécanismes de développement plus équitables dans le monde. Mais aujourd’hui, le terrorisme, la sécurité et la réforme des Nations Unies tiendront une large place dans les débats. Les dirigeants du monde s’efforceront d’arriver à un consensus sur le document final du Sommet pour couvrir toutes ces questions.
“Dans un monde qui dispose des technologies permettant de réduire la pauvreté, (nous) trouvons inhumain et incompréhensible que les dirigeants du monde ne saisissent pas l’occasion de rendre l’espoir aux personnes marginalisées” déclare M. Bertrand. “Nous les exhortons à agir en ce sens”.
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