affiche 1917

C’est le film à voir en ce moment pour plusieurs raisons. D’abord il a créé la surprise il y a dix jours en raflant les 2 Golden Globes les plus prestigieux – de meilleur film et de meilleur réalisateur- au nez et à la barbe des favoris qu’étaient Scorsese, Tarantino ou Todd Phillips avec son JOKER.

 

Ensuite il y avait bien longtemps qu’on n’avait pas vu de films de guerre à ce point réaliste et en même temps intimement humaniste. Il est pour moi à la hauteur du film de Spielberg « Il faut sauver le soldat Ryan »  – c’était il y a 20 ans ! – et bien mieux que le Dunkerque de Christopher Nolan qui nous proposait récemment,  certes un spectacle visuel bluffant, mais sans profondeur humaine ou historique.

Dans 1917, le film se déroule dans les tranchées de l’est de la France. Deux jeunes soldats britanniques sont appelés par leur commandement pour une mission urgente : aller prévenir un autre bataillon, de stopper un assaut qui s’avère être un piège de l’armée allemande et dans lequel 1600 hommes peuvent périr. Ils ont moins de 24h pour traverser 14 km et franchir le front des lignes ennemies.

 

Pour nous immerger au plus près de l’action, le metteur en scène a choisi de filmer en un seul long plan-séquence. En réalité il y a quelques coupes (de montage) bien sûr mais elles sont invisibles pour le spectateur et on a l’impression en revanche, de ne jamais lâcher les deux soldats et de vivre en direct avec eux tous les dangers qu’ils rencontrent. Ce qui est une vraie expérience de cinéma !

 

Mais ce serait dommage de limiter le film à cette seule prouesse technique. Car l’histoire aussi est bouleversante. Elle a été écrite par Sam Mendes lui-même, à partir des souvenirs de guerre de son grand père Alfred, à qui le film est dédié.

 

Pour le réalisateur, il s’agit « ni d’un film d’histoire ni d’un documentaire mais d’un film contemporain sur le courage (…) et l’humanité » qui surgit, quand les conditions deviennent extrêmes. Et c’est cette humanité qui nous touche dans le film, l’amitié entre Blake et Schoffield, leur sens de l’entraide et de la mission, mais aussi la peur et la folie des hommes face à l’horreur des combats.

 

Sam Mendes c’est effectivement un réalisateur aux compétences variées. Qui fait ici la synthèse de ses premiers films intimistes, comme American Beauty  ou Noces Rebelles, et de ses superproductions américaines.

 

Mais il se sert surtout ici de ses expériences de comédie musicale. Eh oui ! Car tourner un plan-séquence, c’est comme régler une chorégraphie, entre une caméra unique et très mobile, le chef opérateur et l’ensemble des acteurs.

 

Le résultat est proprement hallucinant ! Je vous le recommande donc, et si possible sur grand écran !

 

Valérie de Marnhac

 

 

Source : Signis