BlackPanther_affiche

Un film de super héros, produit par des studios américains qui donne les rôles principaux à des acteurs noirs, hommes et femmes et qui rend hommage à l’histoire universelle du continent africain : on ne peut que s’en réjouir !

 

Cachée derrière les paysages de l’Afrique éternelle – où dans la splendide savane de paisibles bergers s’affairent autour de leurs jolies huttes – le royaume du Wakanda se dissimule au reste du monde. Exploitant le vibranium, un minerai rare qui fournit une énergie inépuisable, ce peuple africain est composé de 5 tribus qui vivent en bonne entente, dans un univers futuriste, où perdurent certaines traditions ancestrales. C’est ainsi que T’Chala, à la mort de son père, doit venir régner à son tour, ce qui est l’occasion d’une cérémonie spectaculaire, tant par les décors que par les rituels.

 

Tout le film est un savoureux mélange d’ambiances de bandes dessinées, de science-fiction, de guerre des étoiles, de documentaires  »découverte du monde » et de James Bond. L’ensemble est esthétiquement très séduisant (ce qui est rare dans les films de super héros) et même si on identifie très rapidement les  »bons et les méchants », le scénario arrive à réserver quelques surprises, entre deux bagarres obligées.

 

Sur le fond, on apprécie que les personnages principaux soient tous joués par des acteurs noirs. Sauf le méchant, un blanc d’Afrique du sud, plus vénal que raciste, et un Américain travaillant pour la CIA, plutôt sympathique et prêt à changer de camp quand les circonstances l’exigent… Beaucoup de femmes aussi, même si elles sont nombreuses à servir de décor mais quelques unes interviennent réellement dans le déroulement des événements, dont Shuri, la sœur de T’Challa, qui est ingénieur et qui bricole un tas de gadgets sophistiqués et puissants, comme la combinaison pare-balles pouvant se plier dans un petit collier métallique.

 

On doit l’un des aspects les plus séduisants du film à la costumière Ruth E. Carter. Puisant son inspiration dans toute l’Afrique, elle fabrique des costumes superbes où les moindres détails renvoient à de véritables traditions artistiques et un savoir-faire artisanal toujours actuel. Les bijoux en argent des forgerons du Niger, le bleu des tissus du Mali, les cuirs repoussés, l’exubérance des coiffures, le drapé luxuriant des robes imprimées ou l’utilisation des kauris, toute la richesse du continent se retrouve dans les habits des 5 différentes tribus du Wakanda, et c’est un enchantement visuel.

 

Après quelques péripéties qui permettent d’autres bagarres, toujours nécessaires dans ce genre de films, et de faire connaissance avec les protagonistes, on arrive au cœur du drame et du film : une rivalité entre deux cousins pour occuper le trône du Wakanda. Ils ont bien évidemment une conception opposée du pouvoir. T’Chala, le jeune roi légitime, veut protéger son pays des ennemis potentiels, pour assurer la paix et la prospérité, et donc garder pour son peuple la formidable richesse que le métal précieux leur confère. Si Killmonger le défie, c’est en partie parce que son enfance, dans les bas blackpanther_1quartiers d’une grande ville américaine, lui a permis de se confronter à la misère et au racisme. Il veut utiliser la richesse et la puissance du Wakanda pour permettre aux opprimés de se soulever et d’aller chercher par les armes ce dont ils ont été privé toute leur vie.

 

La bagarre est bien évidemment générale et homérique entre les différentes tribus, il faut du spectacle, et avec un corps à corps interminable entre les 2 cousins, il faut faire monter la tension. Mais on aura vu assez d’audace pour un seul film et, comme prévu, les révolutionnaires ne vont pas gagner et l’ordre mondial voulu par l’occident ne sera pas menacé… Le Wakanda garde bien au chaud ses richesses. T’Chala, grand prince, mais sur les conseils de son amoureuse, accepte d’acheter quelques immeubles en banlieue et d’y ouvrir un centre social et éducatif pour embellir le quotidien de quelques enfants noirs américains. En espérant qu’ils ne se rebellent pas à leur tour.

 

Si Black Panther brise quelques clichés et tabous, notamment celui du héros mâle et blanc, il n’est jamais subversif : le vainqueur choisit l’aumône plutôt que le partage révolutionnaire des richesses.

 

 

Magali Van Reeth

 

Source et images : Signis