comme des garcons affiche

En s’appuyant sur l’histoire de la première équipe de foot féminine en France, Julien Allard fait une joyeuse comédie. Où on réalise que les traditions machistes sont bien difficiles à évacuer totalement. Par Magali Van Reeth de Signis.

 

En 1969 à Reims, Paul Coutard est un jeune journaliste prétentieux et frondeur, qui cherche une idée pour animer la kermesse locale. Les événements de Mai 68 ont laissé peu de traces dans cette ville de province et on parle surtout de la relégation en division inférieure de la fameuse équipe de foot de Reims. Ce qui donne l’idée à Paul décide d’organiser un match de foot joué exclusivement par des femmes.

 

Le film est clairement une comédie mais sous le ton léger, il y a le portrait d’une époque pas si lointaine où, en France, les femmes ne pouvaient pas travailler sans l’accord de leur mari ni avoir un carnet de chèque. Certes, dans les grandes villes, on parlait de l’émancipation des femmes mais le port de la mini-jupe était plus répandu que le partage des tâches ménagères et l’indépendance financière. Les lois sur la contraception allaient provoquer de véritables scandales dans la France profonde.

 

Pourtant les femmes faisaient du sport depuis longtemps, et Colette Besson remportait une médaille d’or d’athlétisme aux Jeux olympiques de Mexico en 1968. Mais pour le foot, comme pour le rugby, les  »mentalités » n’étaient pas prêtes à l’accepter pour les femmes. Et les dirigeants de ces fédérations étaient les plus opposés à leur ouvrir les stades.

 

Le film de Julien Allard raconte avec beaucoup d’humour cette épopée. Il faut d’abord convaincre les femmes de leur potentiel technique, les maris qu’elles ne sombreront pas dans la débauche pour avoir tapé dans un ballon et les partenaires financiers que ça va attirer du monde. Les premières joueuses choisies pour intégrer l’équipe sont un joyeux mélange de mères de famille, de trop jolies célibataires, de jeunes filles timides et de personnalités rigolotes.

 

On retrouve avec délice le mauvais goût vestimentaires des années 1970 – vestes en velours marron pour les messieurs et robes à grandes fleurs orange pour les dames – et on passe un bon moment avec cette comédie tout public.Mais ensuite, on est bien obligé de constater qu’aujourd’hui encore, les médias parlent très peu du sport féminin, notamment en France où les résultats des filles en foot et au rugby sont bien meilleurs que ceux des garçons… Comme quoi, même une comédie légère pose de bonnes questions !

 

Magali Van Reeth

 

 

Source et image : Signis