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Proposé en salles et en version restaurée, ce film sorti en 1999 est un beau récit d’aventure pour surmonter ses peurs face à l’inconnu et à l’inconcevable, qu’on soit un petit enfant ou un adulte. C’est aussi une étape importante dans les films d’animation pour enfants.

 

 

Un film pour enfants ? …

En 1999, alors que les films d’animation pour le jeune public proviennent majoritairement des studios Walt Disney, Le Géant de fer réalisé par Brad Bird et produit par la Warner Bros. sort sans être trop remarqué des deux côtés de l’Atlantique. En 2016, une version restaurée de ce film est proposé en salles et c’est l’occasion de découvrir l’œuvre précédente de Brad Bird, qui fera Ratatouille un peu plus tard. Mais c’est aussi l’occasion de se rendre compte de la réelle importance de cette œuvre : c’est en effet l’une des premières fois où un film d’animation a clairement deux niveaux de lecture, pour les enfants et pour les parents.

Les enfants s’identifieront vite à Hogarth, un petit garçon de 8 ans qui vit dans une jolie maison près de la forêt et qui ramasse tous les petits animaux qu’il trouve, en espérant que sa mère les acceptera dans la maison. Une nuit, il entend d’étranges bruits dans les bois et décide d’aller voir ce qui se passe. Il découvrira, après bien des frayeurs, un géant de fer qu’il sauvera de l’électrocution. Le début du film est impressionnant car, dans la nuit, la tempête et le bruit, on découvre peu à peu la silhouette monstrueuse d’un immense robot métallique. Hogarth est un garçon courageux et déterminé et il apprivoise vite cet étrange personnage, lui apprend à parler et le met en sécurité chez geant_de_fer_1un ferrailleur où il peut manger les carcasses de voitures. La bêtise des adultes ordinaires met en danger cet amitié et, après bien des péripéties, la gentillesse et le dévouement du géant de fer sauve la petite bourgade d’une destruction certaine. A travers le personnage d’Hogarth, le jeune public vit une aventure aussi palpitante qu’émouvante, où l’astuce et le courage permettent de surmonter la peur et l’incompréhension des adultes.

 

 

 

… et pour les adultes !

Pour les adultes justement, un autre thème renforce cette découverte de l’inconnu. L’action se déroule en 1957. La population américaine vit dans la crainte d’une attaque nucléaire venant de la Russie communiste et cette « guerre froide » envahit peu à peu tous les esprits. On se méfie de tout se qui est « inconnu », l’étranger est d’abord un suspect. Rabâchée à la télévision, à la radio et dans les journaux, les consignes de sécurité en cas d’attaque nucléaire, et la méfiance vis-à-vis de ce qui vient de l’étranger, instillent un esprit délétère dans toute une partie de la population. Les méchants du film sont les envoyés du gouvernement et les militaires qui ont été trompés par des accusations guidées par la peur. A force de vouloir détruire « l’autre », on met son propre monde en danger !
 

 

 

Visuel qui séduit

Plus de 15 ans après sa sortie en salle, le graphisme du Géant de fer est toujours séduisant. Les scènes d’ouverture restent saisissantes et illustrent bien la catastrophe. Ensuite, les passages plus calmes, voire bucoliques dans la campagne mordorée, permettent aux plus jeunes de souffler un peu et d’apprécier la vivacité naturelle d’Hogarth. Les sculptures du ferrailleur sont un enchantement pour les petits et les grands et le géant de fer, même en mode « agressif » n’a rien à envier à ses imitations plus récentes.

 

A la fin du film, les plus jeunes spectateurs voient avec beaucoup de tristesse le géant de fer se sacrifier pour sauver Hogarth et les habitants de son village, face à la bêtise et à la hargne du « méchant » (quelques larmes sont à prévoir). Les adultes seront sensibles à la pertinence toujours actuelle du message : à trop vouloir sécuriser notre environnement, à trop se méfier de l’inconnu, on risque juste notre propre destruction…

 

 

Magali Van Reeth

 

Source et images : Signis