grand bal_1

Entrez dans la danse ! Le documentaire de Laetitia Carton nous invite à célébrer les corps en mouvement et la joie collective. Présentation par Magali Van Reeth de Signis.

 

Il sera toujours temps, après avoir vu le film, d’aller se renseigner sur cette association de danses traditionnelles qui, discrètement et loin des médias traditionnels, attire chaque année des milliers de passionnés dans un petit village rural du centre de la France. L’important, c’est ce que le film montre : la joie d’entrer physiquement dans un tourbillon de musique et de se sentir en vie, parce qu’on bouge et qu’on bouge avec d’autres, à l’unisson.

 

grand_bal_2

Pendant 15 jours d’été, des gens qui aiment danser, et non pas des danseurs professionnels, convergent à Gennetines (Allier) pour participer à ce festival étonnant. Des jeunes, des vieux, des groupes d’amis, des couples, des solitaires. Le matin, ils participent à des ateliers où on se perfectionne. On apprend la bourrée du Berry, le branle béarnais, la rumba boléro, la mazurkas, le cercle circassien, le tap dance, la valse, le tango ou la polskas : des noms qui font déjà danser les syllabes. On change d’atelier dans l’après-midi et le soir, à partir de 19h30 et jusqu’à 2h00 du matin, 7 parquets installés dans un grand champ proposent sous chapiteaux, des bals au son de musiques différentes, animés par des musiciens venus de tous les coins du monde.

 

Le documentaire de Laetitia Carton nous emmène au cœur de ces journées intenses où les danseurs ne ménagent pas leur peine et oublient le temps et le monde, en dehors de l’instant de la danse. La caméra nous aspire littéralement dans ce grand mouvement de musique, de pas répétés, d’enchaînements, de proximité dans les bras d’une inconnue, de frôlements où les couples s’évitent et de transpiration partagée. Une voix douce et féminine raconte les hésitations des premiers pas et le plaisir toujours vif de s’élancer dans le bal.

 

Après l’intense activité physique, des temps de repos, dans des hamacs, sous les tentes et dans un gros canapé où on vient souffler et parler à la caméra. En cuisine, les bénévoles s’activent à la préparation des repas, parlent danses bien sûr, pendant que des festivaliers racontent les  »bœufs » qui commencent après la fermeture des parquets et se prolongent jusqu’à l’aube. Le grand bal ne s’arrête jamais…

grand_bal_3

Le Grand bal, c’est aussi de beaux moments de cinéma, comme ce plan large où la lumière d’un parquet et sa musique vibrent sous le ciel étoilé. Parfois, les danseurs nous regardent, le visage à la fois rouge de cet effort physique mais illuminé du bonheur de se sentir en vie, parce qu’on danse en pleine communion avec d’autres. La réalisatrice place sa caméra au centre du parquet et du tourbillon de la farandole et nous permet de vibrer avec les danseurs, de saisir les frémissements du plaisir d’exister dans les bras d’un partenaire, au milieu d’une foule joyeuse.

 

L’ensemble est saisissant, parle du besoin vital d’être touché, de participer, de se sentir à la fois acteur de ce qui nous dépasse et emporté par une force plus grande et surtout collective. Le film de Laetitia Carton nous fait participer à ce grand moment de bonheur et de joie d’être vivant au milieu des autres.

 

Magali Van Reeth

 

Source et images : Signis