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Christophe Honoré s’était déjà attaqué à des monuments de la littérature (La princesse de Clèves devenue La belle personne, Les Métamorphoses passées d’Ovide à l’écran). Voilà qu’il relève un nouveau défi en adaptant maintenant la comtesse de Ségur. Réunissant en un seul et même film Les malheurs de Sophie et Les petites filles modèles, il nous offre une œuvre pleine de fraîcheur et de poésie, cocktail joyeux du film d’époque et de la comédie musicale.

 

malheurs sophie 1Le réalisateur étant par ailleurs écrivain de littérature enfantine, révéle dans la direction des jeunes acteurs une belle complicité. Caroline Grant (Sophie), qui a fêté ses 6 ans pendant le tournage, ravit par sa frimousse espiègle et sa vivacité et tous les enfants, personnages de premier plan de cette histoire, sont filmés avec une empathie attendrissante. Quant aux personnages adultes, ils ont été choisis avec le même bonheur : Golshifteh Farahani a le charme romantique d’une douce et mélancolique Mme de Réan, Anaïs Demoustiers, distinguée maîtresse de maison, excellente en mère aimante. Quant à Muriel Robin, dans la peau de la marâtre Mme Ficcini, elle équilibre superbement une galerie de personnages qui pourrait devenir trop sucrée.

 

Le cadre est également fort soigné : reconstitution d’un manoir bourgeois du Second Empire, la maison comme le parc constituent un décor parfaitement fidèle à la comtesse de Ségur. Là tout n’est qu’ordre et beauté mais la fantaisie vient, fort heureusement, bousculer ces codes surannés : apostrophes au spectateur, animaux (écureuil, hérisson, crapaud) insérés en dessins animés, chansons, l’ensemble est conduit tambour battant jusqu’au générique final en forme de feu d’artifice théâtral et musical.malheurs sophie 2

 

Michèle Debidour

 

Source et images : Signis