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Faisant référence directement au roman de Victor Hugo, l’action du film se déroule à Montfermeil, comme dans le roman Les Misérables. Nous sommes en 2019 et la misère existe toujours, tant du côté des habitants que de celui de la police et de la dure réalité de leur métier.

 

Stéphane arrive tout juste de Cherbourg pour se rapprocher de son ex-femme et voir son fils plus souvent, et intègre la Brigade anti-criminalité de Montfermeil, dans ce département de la région parisienne familièrement appelé le 93. Il rencontre ses deux nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, qui le mettront au parfum très vite.

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Dès les premières images, nous sommes plongés dans un univers de tension et de violence extrême entre les différentes communautés du quartier des Bosquets ainsi que dans la réalité quotidienne d’un policier de la BAC. Alors qu’ils tentent d’interpeller un des jeunes délinquants, ils sont débordés par le groupe et la scène sera filmée par un jeune avec son drône. Dès lors, comment s’en sortir et effacer la bavure ?

 

Il ne s’agit pas d’un remake des Misérables de Victor Hugo mais la référence littéraire est très importante. Victor Hugo a écrit ce roman en partie à Montfermeil et le film repose sur une citation du livre : ‘‘Il n’y a pas de mauvaises herbes ni de mauvais hommes, il n’y a que de mauvais cultivateurs. »

 

Pendant tout le film il n’est question que de Violence. Qu’elle soit physique ou verbale, elle est omniprésente. Le film nous montre le quotidien de ce quartier comme dans un documentaire. Le plus frappant est la place des plus jeunes qui sont au cœur du film et c’est ce qui inquiète le plus. Le garçon interpellé est très jeune et semble n’avoir peur de rien et surtout pas des adultes ou des représentants de l’ordre. Il est prêt à tout !les_miserables_2

 

Dans ce contexte, quel avenir espérer ? Le film dénonce l’horizon bouché de la jeunesse et lance un cri d’alerte. La police est montrée du doigt par moments à travers leurs dérives verbales et leurs gestes parfois violents aussi. Le film dépeint les erreurs et limites des policiers même si Stéphane apparaît comme un flic plus bienveillant que ses coéquipiers et cherche à écouter et trouver un arrangement. Mais le spectateur éprouve également de l’empathie pour ces flics souvent dépassés et peut être pas toujours  »armés » psychologiquement pour affronter cette réalité.

 


 Nous sommes bien dans un film engagé et le réalisateur, Ladj Ly sait de quoi il parle puisqu’il a vécu dans ces quartiers et qu’il y travaille auprès des jeunes. Depuis les émeutes de 2005, rien n’a changé. On sort du film sonné, comme après avoir pris une claque et également bouleversé. Il questionne le rôle de l’éducation et de la culture et nous interroge sur le visage et le rôle de ces fameux  »cultivateurs ». Les Misérables nous incite à réagir, regarder la réalité en face et ne plus attendre pour éviter que la situation n’explose !

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Florence Vallée

 

 

Source et image : Signis