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Face à l’urbanisation chaotique de Marseille s’ouvre la Méditerranée, espace de rêves et de désirs d’ailleurs. Des jeunes, poussant comme des herbes folles dans les cités où les adultes semblent absents, se cherchent une place.

Parmi eux, Lenny est une jeune femme qui dissimule son corps de liane sous des habits masculins. Elle avance butée sur sa détresse, coincée entre son clan qui vend de la drogue, et ses rêves secrets, d’affection maternelle et de musique. Dans un espace en ruines, elle rencontre un jour Max, jeune femme africaine qui oppose une joie de vivre inébranlable face aux nombreuses difficultés qu’elle doit gérer au quotidien.

 

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La légèreté de la mise en scène, qui semble glisser dans la belle lumière de Marseille, renforce le sentiment d’enfermement qu’éprouve Lenny. Tenue par des grands frères dont les conceptions de la société et de la femme sont un mélange de mœurs archaïques et de rentabilité financière dans l’illégalité la plus totale, elle est un animal sauvage tournant en rond dans sa cage. Elle cherche une issue de secours mais gâche systématiquement les minces chances que lui tendent les autres. La rencontre avec Max sera l’apprentissage de la confiance, en soi et dans les autres.

 

Avec la participation de François Bégaudeau, le scénario est parfois très simpliste : un problème survient ? Le voilà résolu de la façon la plus abrupte qui soit, comme traverser un bras de mer à la nage. Cela n’enlève rien aux charmes de ce petit film, premier long-métrage de Fred Nicolas. Mélangeant le réel quasi documentaire à une fiction teintée de grâce poétique, il filme Marseille avec passion, les grandes barres de logements comme les petits cabanons. Si la vie est parfois violente, la mer qui longe la ville, et sur laquelle donne toute la ville, est d’une beauté à couper le souffle, à redonner de l’espérance et du rêve aux existences les plus misérables. MaxNelly 2

 , c’est une ville magnifiée mais c’est aussi deux actrices exceptionnelles, la chanteuse rap Camélia Pand’or et Jisca Kalvanda, qui incarnent avec fougue la complicité féminine et le bonheur d’une nouvelle amitié.

 

Magali Van Reeth

 

 

 Source et images : Signis