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Le ressort classique, c’est deux personnage très différents, obligés de passer du temps ensemble et de finir par s’apprécier vraiment. Pierre est un homme d’affaires, à la tête d’une entreprise familiale. Il a une très belle maison, avec du personnel, une gentille femme, une adolescente habillée tout en noir et un jeune garçon. Il consacre tout son temps à être performant. Sans méchanceté mais sans un regard (ou presque) pour les autres.

 

Arrive son cousin Adrien, sorti de maison de repos, pour signer un document devant notaire, permettant à Pierre de continuer à gérer l’entreprise sans souci juridique. Bien sûr, Adrien est un gentil, hyper-sensible, attentif aux détails et aux personnes et il va faire dérailler la belle mécanique construite par Pierre autour de son travail.

 

C’est drôle, c’est incisif sur le comportement de ceux qui consacrent (trop) à leur travail, comme de ceux qui parlent aux plantes et déménagent une chambre pour dormir la tête au Nord. Bien que ce soit un film de commande (Vincent Lindon voulait quitter ses rôles habituels et jouer dans une vraie comédie), Jan Kounen imprime sa marque très personnelle. La partie onirique des rêves du personnage principal est très impressionnante et inhabituelle dans ce genre de film. Le soin apporté à l’image et à la lumière, par le travail du directeur photo Guillaume Schiffman est remarquable : le plus simple paysage traversé à vive allure par les comédiens scintille comme une boule de Noël accrochée à l’arbre.

 

 

Le rythme est trépidant et, au cœur du film, on enchaîne les situations cocasses et catastrophiques : entre un voyage en avion homérique et un repas guindé virant au règlement de comptes dans un château classé, le réalisateur pousse à bouts ses personnages. Personnages où les deux comédiens, donnent le meilleur d’eux-mêmes. Vincent Lindon est impressionnant, tellement investit dans ce rôle-là d’homme riche, autoritaire et puissant qu’on oublie tous ses autres personnages de syndicaliste ou de fils timide. Il porte la cravate et les souliers cirés avec aisance, dirige, ordonne et se met en colère avec le plus grand naturel. Quel acteur !

 

Face à lui, François Damiens, dont la tendre folie traverse le film avec légèreté et dont la bienveillance répare les maladresses de son cousin. Et bien sûr pas si bête puisque c’est lui qui sauve la mise de l’entreprise et de la famille. Les personnages secondaires prennent vie avec un minimum de moyens et sont à leur juste place (y compris ceux aperçus brièvement à travers une vitre).

mon cousin 1

Jan Kounen nous offre même un moment de grâce, finissant son film non pas par une succession de  »fins heureuses » dont abusent parfois les comédies légères, mais par du temps suspendu où toute la magie du cinéma baigne d’une douce lumière l’immensité de la plage et du ciel. Et de ceux qui sont là.

 

Magali Van Reeth

 

 

Source et images : Signis