Police film affiche

En région parisienne, trois policiers sont chargés d’une mission inhabituelle – reconduire un migrant à l’aéroport – qui va les obliger à se positionner entre leur devoir professionnel et leurs convictions intimes. Présentation par Magali Van Reeth de Signis.

 

 

 

L’histoire

Virginie, Eric et Aristide oscillent tous les trois aux alentours de la quarantaine, déjà bien installés dans leur métier, rodés à la souffrance quotidienne qui échoue dans leur bureau mais pas blasés pour autant. La réalisatrice Anne Fontaine découpe son film en différentes parties pour mettre en scène la même journée, vécue par les 3 personnages principaux.

Ainsi, chaque chapitre fait un peu plus entrer le spectateur dans le récit et, en même temps, dans l’intimité de ces policiers ordinaires, confrontés à un choix moral.

 

Le sujet du film n’est bien évidemment pas la question des migrants mais plutôt d’explorer comment trois individus différents, formés et habitués à leur rôle de maintien de l’ordre, réagissent dans une situation qui les dépasse. C’est alors un problème de société où ils doivent, presque physiquement, prendre position.

 

 

 

La réalisatrice

Un nouveau film d’Anne Fontaine est souvent une surprise tant la cinéaste est capable de se renouveler de film en film et d’essayer, avec succès, différents genres. Police est un film policier sans coup de feu, sans sirène, sans course poursuite (si on enlève celle dans l’escalier mécanique). Un film où Omar Sy, habitué aux comédies, porte un rôle qui risque de déstabiliser ses fans, ce que recherche la réalisatrice… A ses côtés, Virginie Effira et Grégory Gadebois habitent eux aussi avec police film_1naturel le quotidien de ces flics ordinaires. Et c’est l’acteur iranien Payman Mady qui se prête à ce petit rôle, quasi mutique mais combien expressif, du Tadjik reconduit à la frontière.

 

La mise en scène donne des clés à travers les gestes, les expressions et l’environnement des personnages mais préserve la part de mystère inhérente à chacun. Prenant franchement ses distances avec l’aspect documentaire, le récit progresse avec de belles scènes de cinéma, des effets de surprises et une forte tension dramatique.

 

Comme souvent, Yves Angelo, le directeur photo, trouve la lumière et les ambiances chromatiques qui accompagnent avec élégance l’expression la plus fine des visages des acteurs. C’est un beau travail aussi dans l’espace rétréci de la voiture de fonction, où se passe une grande partie du récit, et dans la nuit, aux abords de l’aéroport et dans l’aéroport.

 

En déroutant l’ordinaire de ses personnages, Police leur permet de donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

 

Magali Van Reeth

 

 

Source et images : Signis