Reve jeunesse affiche

Sous une apparente légèreté, ce film drôle et tendre dresse le portrait de quelques trentenaires, un peu paumés dans le tourbillon de la vie et cherchant à trouver leur place.

 

Pour les vacances, Salomé a trouvé un boulot d’été dans la déchetterie d’un petit village de montagne, où elle a habité autrefois. On découvre Salomé le visage fermé, en retrait, mais que faut-il attendre d’une jeune femme qui se déguise en taupe lors d’une soirée entre amis ? Ce lieu isolé, espace en friche et désolé, écrasé de soleil, rempli de bric-à-brac, devient peu à peu l’agora où la vie palpite et se décide.

 

Avec un brin de poésie et un soupçon de douce folie, Alain Raoust dresse le portrait de trentenaires. Coincés entre le fonctionnement d’une société qu’ils connaissent mal, l’insouciance imbécile de certains de leur congénères et les messages anxiogènes concernant l’état de la planète, beaucoup de jeunes adultes cherchent une place à eux, où ils seraient bien sans faire de mal à personne. La déchetterie où travaille Salomé et où presque toute l’action du film se déroule, devient comme métaphore de l’avenir de ces jeunes gens.

Reve jeunesse b

A la fois gentiment politique et doucement subversif, le film est traversé par des personnages hors norme, dont un cycliste chômeur et Jess, une jeune femme aux antipodes de Salomé – comme son prénom l’indique – perdue dans un jeu de télé-réalité et à qui Estelle Meyer donne une énergie étincelante, un bagout détonnant et une verve contemporaine aussi juste que drôle. Dans cet été torride et sur cette scène désolée, l’actrice enflamme l’écran.

 

Cette jeunesse dont l’avenir semble bouché sait que la désobéissance civile conduit à la mort et pensent que  »la vie est comme une échelle de poulailler : courte et pleine de merde ». Alors comment inventer une autre vie ? Où trouver une inspiration qui n’a pas encore été  »usée » ? Comment  »recycler » la société pour y trouver sa place ?

 

Evitant le constat trop pessimiste, le film sème des pierres de tendresse : les œuvres d’art construites à partir des objets recyclés, la conviction qu’il faut  »s’organiser pour s’aimer vraiment » ; et donne à ses personnages une solution pour vivre autrement : la cabane dans les bois pour être ensemble au plus près de la nature, la tendresse des parents, le souvenir apaisé de ceux qui nous ont quitté.Reve jeunesse a

 

 

Magali Van Reeth

 

Source et images : Signis