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Les films de Noël qui fleurissent sur les écran de cinéma en fin d’année arrivent généralement des Etats-Unis et ne séduisent pas forcément les spectateurs européens. Alain Chabat, réalisateur et acteur de comédies populaires françaises a décidé de relever le défi. Avec un père Noël habillé de vert, qui justement se réfère plus à la tradition européenne mais qui, pour le reste, emprunte toute la panoplie du mythe contemporain : le pôle Nord, les rennes, les lettres des enfants, le passage par la cheminée la nuit de Noël et les petits lutins qui travaillent toute l’année pour fabriquer des jouets.

 

Si le film est tourné avec de vrais acteurs, les effets spéciaux et l’animation permettent de subtiles incursions dans un monde magique. A commencer par le pole nord où habitent le père Noël et sa femme, dans une antre douillette recouverte d’une jolie couche de neige immaculée, que la lumière du crépuscule hivernale fait briller. L’atelier du père Noël est une véritable féerie où les lutins se multiplient à l’infini pour fabriquer des jouets dans la joie (les bons jouets doivent être fabriqués avec plaisir !). Les premières images du film nous donnent l’impression d’entrer dans une boule de verre scintillante.


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Mais les lutins sont malades et, à quelques jours du grand soir, Santa doit aller chercher un remède chez les humains. Suite à un léger dérèglement technique, le traîneau de rennes atterrit sur les toits de Paris. Tout le ressort humoristique du film se joue dans le décalage entre la naïveté du père Noël – qui ne connaît que gentillesse, ciels étoilés et enfants endormis – et la réalité de la vie ordinaire. Il va découvrir l’argent, la méfiance, le bruit des enfants réveillés. Heureusement, les humains que Santa va rencontrer sont une famille aussi délicieuse que débordée où les parents travaillent, les enfants sont espiègles, les oncles pas sérieux et la belle-famille trop insistante. Mais la surprise passée, ils vont tout faire pour aider ce passager clandestin d’un nouveau type. Et autour d’eux, notamment au marché de gros, la gentillesse est monnaie courante.

 

Golshifteh Farahani et Pio Marmai incarnent avec bonheur ce couple d’abord incrédule – mais qui ne le serait pas en voyant ses enfants faire un tour de renne volant ? – avant de se décarcasser pour essayer de trouver les remèdes pour les lutins et la glace pour les rennes. Très loin d’eux, le visage malicieux d’Audrey Tautou en fait une mère Noël charmante. Alain Chabat interprète le rôle principal, ce Santa un peu balourd dont on comprend bien l’agacement face à ce monde dominé par l’argent, alors que lui ne sait que donner…

 

Avec des moments féeriques, un ton léger et badin, sans aucune vulgarité, Santa & Cie est un film tout public autour du mythe du père Noël. S’il n’y a aucune référence religieuse à cette fête, on y retrouve néanmoins le véritable esprit de Noël : joie, bonne humeur et partage.

 

 

Magali Van Reeth

 

 

Source et images : Signis