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Isabelle, 31 ans, a été consacrée à Dieu en décembre dernier. Huit mois plus tard, elle fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant !

 

Voici désormais un peu plus d’une demi-année que je suis consacrée à Dieu : qu’est-ce que cela a changé pour moi ? On me demande souvent, avec une certaine maladresse (mais pleine de gentillesse !) : « ça donne quoi ta ‘nouvelle’ vie ? Es-tu heureuse ? ». Je ne parlerais pas de « nouvelle vie » à proprement parler mais il y a clairement un « avant » et un « après », dont voici quelques caractéristiques.

 

 

La joie

J’avais lu le pape François disant que « là où il y a des consacrés, il y a la joie » mais j’étais très loin de me douter de la profonde joie au cœur qu’il y a à être tout entière à Dieu. Ce ne sont pas que des mots et on ne le dit pas assez : s’engager pour toujours dans la voie où le Seigneur nous appelle est une immense joie, pas exubérante et de surface, mais très profonde, vivifiante. C’est ce qu’annonçait le Seigneur : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 11). Je crois qu’on ne le dira jamais assez : répondre à notre vocation n’est pas un problème à résoudre mais véritablement un chemin de bonheur.

Et, suivant des études de théologie à temps partiel avec de nombreux jeunes consacrés, je peux largement et concrètement constater à côtoyer tous ces joyeux drilles que cette joie est généralisée !

 

 

Oui !

J’ai dit « oui », justement, mais, même si j’ai désormais engagé toute ma vie, c’est dans la quotidienneté que ce oui est à redire et à vivre. Alors, à mon signe de croix que je fais au réveil pour placer toutes mes activités dans l’amour du Seigneur, j’ai ajouté un « oui ». Oui ensommeillé (être consacrée ne m’a pas rendue plus matinale, hélas !) mais acquiescement par avance à ce que sera cette journée, dans ses moments heureux ou plus difficiles, oui à l’action du Seigneur en moi au cours de celle-ci, oui pour Le suivre et aimer, comme je peux et malgré mes chutes, à Son exemple. Un « oui » écho de celui prononcé le jour de ma consécration comme une balise de ce que je suis appelée à vivre, dans le « oui » éternel et premier de Dieu porté sur l’humanité.

 

 

Ce temps qui n’est qu’à Lui pour vivre de Lui

Tous les matins, les jours où je travaille comme professeur, j’ai avancé mon réveil de dix minutes. Pourquoi ? Non par quelconque pénitence mais tout simplement pour prendre le temps de prier l’office du matin, les Laudes, sérieusement, en me posant. La liturgie des heures que je priais à peu près est désormais devenue mission sérieusement confiée par l’Église. Prendre ce temps au réveil, prendre d’autres temps dans la journée pour porter la prière du monde vers Dieu. Prier l’office en communion avec tous ceux qui le prient et prier lors de l’intercession en particulier pour tous ceux qui se confient à ma prière, notamment des souffrants, dont le nombre est devenu bien plus important depuis que je suis consacrée. Mission humble du quotidien, parfois aride, mais qui me semble aussi essentielle que l’est la respiration dans une vie. Peut-être que, nous tous priant ainsi, aidons l’humanité à respirer ? Mystère de la prière en tout cas qui nous met en communion, dans l’Église, avec chaque homme, en plus des temps de prière personnels, essentiels pour soigner et développer notre relation avec le Seigneur.

 

image3Voici quelques petits riens d’une vie de consacrée qui me semblent essentiels : je pourrais aussi y adjoindre telle ou telle mission confiée, où je suis désormais appelée à agir comme consacrée, témoin d’une manière spécifique de l’Amour du Seigneur, mais elles mettraient l’accent davantage sur le « faire » plutôt que sur « l’être » qui est premier. En réalité, je découvre encore cette vie « pas si nouvelle » mais qui appartient désormais au Seigneur. Souvent, quand j’y pense, cela m’épate et je demeure admirative de la grâce du Seigneur qui vient toucher, appeler, aimer des humains pécheurs.

 

Isabelle +

 

Retrouvez Isabelle sur son blog « Zabou the terrible »

 

Source : Blog Jeunes Cathos