Mars arrive en courant, poussé par un carnaval précoce, un carnaval violent ici et là…
Alors qu’il était sensé annoncé la fin de l’hiver, on lui a claqué la porte au nez, on lui a dit de se taire.
Au Tessin, à Brugg, en Allemagne, des gens, jeunes souvent, se sont battus, ont subi un incendie et sont morts pendant les festivités carnavalesques.

Demain c’est Pâques ! Et bien sûr, pour y arriver il y a quelques chemins, sentiers…Il y en a un qui s’appelle Carême, et sur ce chemin il y a aussi une jeunesse rêveuse, plus que jamais en quête d’héroïsme, des révoltés par Amour, des engagés par Passion.
Ici et là mais aussi là-bas et hier, comme le dit le roman que je caresse du bout des doigts :
« ………….Avec soin, longuement, comme on couche un corps au cercueil, et on l’étend d’abord, et on l’enveloppe d’un linge, et on baisse sur lui doucement le couvercle, afin qu’il ne s’éveille pas, - avec les mêmes soins, il descendait en lui sa plus chère espérance. Non infidèle à elle, ni injustement oublieux, mais il la soustrayait au monde. Il se disait : « Elle sera là pour moi seul, et pour la contempler, je me pencherai jusqu’à elle ; et attendrai ainsi le jour de la résurrection, s’il vient ce jour ; mais viendra-t-il ?…… »
Ces mots choisis par Ramuz expriment la foi qui l’anime, son Espérance et celle d’Aimé Pache, héros du roman.
Dans ce roman notre héros souffre de ne pourvoir partager sa passion …Peindre, peindre la nature, les êtres qui l’entourent, peindre avec son corps, son cœur et de toute son âme….Qu’il est difficile de réprimer, d’enfermer, de faire taire cette voix qui est en lui…
« L’homme n’a de taille que dans la mesure où il peut croire encore à lui-même ; or il ne peut croire à lui-même que quand il croit à l’existence de quelque chose qui le dépasse et le suppose en même temps. ». Nous dit encore Ramuz.
Que Pâques vous permette de vivre cet accomplissement, Souffle de vie…
Joyeuses Pâques !
Marie-José Blanc
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