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Campobello di Mazara, petit port de pêche dont le seul nom fait rêver s’est vidé de ses touristes habituels. Il accueille aujourd’hui de nombreux centres d’hébergement pour migrants, ouverts et gérés par la communauté Sole, formée d’une poignée de travailleurs sociaux dévoués et aux qualités humaines exceptionnelles.

 

C’est dans ce petit hameau que deux médecins bénévoles, Pierre-Yves et Manon, une équipe de jeunes lausannois ainsi que Lorenzo et moi, aumôniers de la jeunesse, avons choisi de vivre une partie de notre été pour rencontrer, observer, partager. Le projet Via col vento (Marcher dans le vent) a été marqué par des rencontres établies dans l’égalité et la réciprocité dans ces centres de premier accueil.

 

Ces jeunes romands, fraichement sortis ou en voie de commencer des études supérieures ont bien connu le phénomène migratoire, ayant eu, eux-mêmes, des parcours de vie liés à l’exil. Pour un temps pris sur des vacances, ils ont choisi de quitter les festivals et aller à la rencontre de ces migrants qui ont risqué à plusieurs reprises leur vie sur des radeaux de fortune. Quelle leçon d’humilité, d’espoir et de vie que leur engagement!

Partis chargés de valises pleines à craquer de vêtements, couvertures, médicaments et produits d’hygiène, ils sont rentrés avec autant de témoignages bouleversants que de projets à réaliser et le profond désir de retourner le plus tôt possible auprès de ceux qui sont aujourd’hui devenus des amis, travailleurs sociaux et migrants confondus.

 

Merci à vous Céleste, Philippe, Morgan et Davide qui avez offert des pages d’évangile en actes et en paroles et donné sans compter ces fleurs avant le pain si chères à Armand Marquiset, fondateur des petits frères des Pauvres.

Ces fleurs avant le pain qui nous rappellent que si l’essentiel est nécessaire, le superflu, lui, est indispensable.

 

Alain Toueg