« Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co 12, 26)
Ex 3, 7-10 : Dieu entendit les cris des oppressés
Ps 28(27), 1-8 : Seigneur, ne reste pas muet
1 Co 12, 19-26 : Plusieurs membres mais un seul corps en Christ
Mc 15, 33-41 : Jésus cria d’une voix forte : Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Commentaire
Le monde dans lequel nous vivons est un monde de grande souffrance. Presque chaque jour, la télévision diffuse des images dramatiques et les journaux nous racontent les terribles catastrophes qui s’abattent sur les populations. Mais les épreuves endurées par de nombreuses personnes ne sont souvent même pas reconnues. On oublie tous ces gens. On pourrait croire qu’ils souffrent en silence, mais cela est faux. Ce silence est plutôt la preuve de notre ignorance et de notre égoïsme. Dieu entend ce que souvent nous ne voulons pas entendre. Il entend les cris de ceux qui souffrent et il voit leur oppression. Il ne l’ignore pas (Ex 3). A la lecture du récit de la sortie d’Egypte du peuple d’Israë, les habitants d’Afrique du Sud se souviennent de leur propre libération de l’apartheid. Même s’ils étaient systématiquement réduits au silence, leurs appels à la liberté et à la justice retentissaient ; ils enduraient de grandes souffrances et ils attendirent longtemps avant de pouvoir retrouver la liberté.
Aujourd’hui en Afrique, nombreuses sont les victimes de la pandémie du Sida. Aucune guerre dans le monde n’a été aussi meurtrière que le Sida. Mais cela intéresse bien peu de gens – en particulier dans les sociétés occidentales. Un mur de silence divise le monde. Le Psaume 28 nous montre une personne qui souffre, qui crie vers le Seigneur. Dans la misère et l’espérance, c’est vers Dieu qu’elle se tourne. Elle prie et garde l’espoir que Dieu la verra, car les autres ne voient pas sa douleur. Ensemble nous croyons que Dieu partage les difficultés et les craintes de ceux qui souffrent. Le cri du Christ en croix en est le signe le plus éloquent (Mc 15). Dieu n’est pas loin mais il est au cœur de nos souffrances.
Nous formons un seul corps dans le Christ de compassion. La misère de certains membres ne les touche pas eux seuls, mais tous sont concernés. Nous ne pouvons ignorer les cris des malades ou leur demander de se taire en leur disant que Dieu les juge. Si Paul a raison lorsqu’il dit : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance » (1 Co 12), alors nous pouvons affirmer que « l’Eglise tout entière a le Sida ». Nous sommes liés les uns aux autres en un seul corps, celui du Christ. Ensemble, nous devons prendre soin des laissés pour compte et de ceux que l’on ignore.
Face au grand défi posé par le Sida, nous avons besoin d’une Eglise unie et non pas divisée. Nous avons besoin d’une Eglise où tous coopèrent et construisent une communauté de compassion et de foi en tant que corps du Christ ; une communauté qui brise le silence des oubliés et entend les cris de tous ceux qui souffrent.
Prière
Dieu éternel, tu es l’espérance des laissés pour compte de notre monde. Tu entends le cri des cœurs blessés et la voix des âmes désespérées. Apprends-nous, par la puissance de ton Esprit, à entendre avec tes oreilles et dans le silence à savoir percevoir la voix de ceux qui souffrent et espèrent. En tant que membres du corps unique du Christ, fais que nous soyons toujours plus une communion de compassion et un signe prophétique de l’incarnation de ta grâce et de ta justice. Amen.
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