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Écrire pour Exister

vendredi 19 décembre 2008

Le groupe de Jeunes de Coppet a, au cours d’une soirée, regardé le film "Écrire pour Exister". Ce film nous parle d’Erin Gruwell, prof pleine d’idéalisme, mais rapidement confrontée à la dure réalité…

Erin Gruwell, jeune enseignante, a choisi comme premier poste le lycée de Long Beach, dans la banlieue de Los Angeles, où la guerre des gangs fait rage. Ses élèves l’ignorent, se battent en classe et ses collègues, complètement résignés, ne lui sont d’aucun secours. Malgré ses efforts, l’ambiance empire au fil des jours. Mais un petit incident va lui donner l’occasion d’entrer en contact avec ses élèves et d’établir petit à petit un vrai rapport de confiance, leur redonnant ainsi de l’assurance et leur montrant qu’ils ont un avenir.

Ce film nous montre l’importance de la tolérance et du respect. Dans ce lycée où sévit la guerre des gangs, chacun peut se faire attaquer voire tuer pour une parole, un geste ou un regard de travers envers un membre d’un autre gang. C’est dans cette ambiance que Erin Gruwell doit donner ses cours. Ses élèves se haïssent entre eux mais la haïssent plus encore. Cependant, elle leur donne une chose qu’aucun professeur ne leur avait donné avant : le respect. Elle écoute leur histoire et les respecte, ce qui lui permet de saisir comment travailler avec eux pour les faire progresser plutôt que de faire de la simple garderie. Elle leur fait comprendre que pour obtenir ce respect qu’ils revendiquent tant avec leurs gangs, il faut d’abord le donner. Si Erin réussit à faire quelque chose avec cette classe réputée « irrécupérable », c’est justement parce qu’elle refuse d’écouter les préjugés, ceux des autres professeurs mais aussi ceux que les élèves ont sur eux-mêmes. Elle estime que peu importe sa couleur de peau, peu importe qui on est, chacun a le droit à sa chance. En leur faisant lire le Journal d’Anne Frank, elle les amène à relativiser leur propre histoire et leur montre comment affronter ce qu’ils vivent à l’aide d’un stylo au lieu d’une arme. Ils se reconnaissent et se sentent liés à cette fille qui a vécu à l’autre bout du monde et 50 ans auparavant. Ils peuvent donc surement se sentir liés les uns aux autres.

L’engagement dont fait preuve Erin Gruwell nous fait réfléchir. Elle s’investit totalement pour ses élèves, allant jusqu’à prendre deux autres emplois afin de financer les livres et les sorties qu’elle fait avec eux. Car elle le dit elle-même : « Quand j’aide ces gamins à trouver un sens à leur vie, c’est ma vie à moi qui prend sens totalement ». Cependant, cela l’oblige à faire des sacrifices. En effet, son mari, qui n’arrive pas à la suivre alors qu’elle se réalise pleinement, la quitte. Etait-ce le prix à payer ? Dans tous les cas, cet engagement nous montre qu’une seule personne peut faire la différence. Nous pouvons tous nous engager, chacun à notre niveau. Car, comme le dit Miep Gies, la femme qui a caché Anne Frank et sa famille, lorsqu’elle est invitée par Erin et ses élèves : « Nous sommes tous des gens ordinaires. Mais même une secrétaire ordinaire, une femme au foyer ou un adolescent peut, dans la mesure de ses modestes moyens, faire qu’une lumière luise là où c’est sombre ».

Estelle Barbey

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