Un choix très important pour nos vies
Le choix de ces personnes est très important et essentiel pour notre vie personnelle, sociale, professionnelle, associative. En effet, les élus(es) définissent les grandes options pour notre pays, par exemple dans le domaine de la formation et des études, de la sécurité sociale, de la protection de l’environnement. Ils créent des lois qui ont des répercussions sur notre vie quotidienne, sur notre vie professionnelle. Ils décident de la répartition des richesses et des budgets : quelles sont les sommes mises au service de la formation professionnelle et universitaire entre autres, ou pour la solidarité à l’égard des personnes fragilisées par la maladie, la vieillesse, un accident, un décès ?
Ces représentants du peuple, de chacun nous, choisissent également les 7 conseillers fédéraux. Ceux-ci ont un rôle clé dans le développement du pays, les priorités des services de l’administration, l’application des lois telle que la loi sur l’asile et les migrants.
De plus, ces conseillers nationaux et aux Etats deviennent des personnes médiatiques. Elles sont régulièrement sollicitées par les journalistes de tous les médias, elles donnent leurs avis, réflexions et leurs prises de position. Elles contribuent fortement à orienter les idées, les choix des habitants, à influer sur le climat social de notre pays. Ainsi, le vivre-ensemble, notre qualité de vie, nos possibilités de nous épanouir, notre avenir, se jouent, pour une part, dans le choix que nous faisons de nos représentants.
Ne pas voter est aussi un choix : celui de laisser à d’autres la décision qui orientera les lois, les finances, les priorités du pays.
Comment choisir
Mais pour qui se décider ? Quel parti choisir ? Cela semble bien compliqué.
En effet, il est difficile de connaître tous les candidats et le contenu détaillé de leur programme respectif, selon chaque parti. Prendre le temps de s’informer est nécessaire, des échanges avec d’autres, dans un climat de respect et d’écoute, sont également profitables.
C’est une occasion pour penser à ce qui est fondamental pour nous.
Que voulons-nous comme avenir pour la vie ? Quelle place souhaitons-nous dans la société pour chacun et chacune ? Quelles sont valeurs les plus importantes ? Quels(lles) sont les candidats(es) les plus proches de nos aspirations ?
Parallèlement, si nous croyons et si nous désirons choisir à la lumière de notre foi, nous pouvons « confrontés » les propos des candidats(es) et leurs programmes à des valeurs issues de la Bible et de la grande Tradition judéo-chrétienne. Voici 6 grands repères proposés par une commission des évêques de France dans un livre intitulé ‘’Réhabiliter la politique’’ :
1. Le primat de la dignité de la personne humaine. Toute institution, toute société est au service de la promotion de l’homme, appelé à prendre la parole et à participer. « Le sabbat est pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Evangile de Marc, 2, 27).
2. L’attention toute particulière donnée au pauvre, au faible, à l’opprimé Ils sont des images vivantes du Christ incarné (Jésus) : « ce que vous faites à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites » (Evangile de Matthieu 25, 40). C’est la grandeur de la politique de reconnaître, d’intégrer et de promouvoir les plus démunis, les exclus et d’éradiquer les conditions d’existences déshumanisantes.
3. Le pouvoir conçu comme un service, non comme une domination « Que celui qui gouverne parmi vous se comporte comme celui qui sert » (Evangile de Luc 22, 26).
4. Le respect de l’adversaire Il a aussi sa part de vérité. L’Evangile nous invite même à aller au-delà : « aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs ; ainsi vous serez fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Evangile de Matthieu 5, 44-45).
5. L’ouverture à l’universalisme, notamment par le dépassement de tout nationalisme et racisme.
« Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais quelle que soit leur race, Il accueille les hommes qui l’adorent et font ce qui est juste » (Livre des Actes des apôtres 10, 34-35).
6. Le partage et la destination universelle des biens « Si quelqu’un, jouissant des richesses du monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (1ère lettre de Jean 3. 17). Dieu n’a-t-il pas « destiné la terre et tout ce qu’elle renferme à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent également affluer entre les mains de tous, selon les règles de la justice, inséparable de la charité » (Concile Vatican II, « L’Eglise dans le monde de ce temps », 69)
Un défi immense, le temps pour choisir
A la lecture de ces 6 repères, diverses impressions et sentiments peuvent naître en vous, par exemple : ‘personne ne peut ou ne veut les suivre, c’est impossible’ ; ‘c’est trop beau pour être vrai’ ; ‘c’est assez théorique mais dans le concret on fait comment’ etc…
Pour ma part, ces repères rejoignent mes désirs profonds de paix, de fraternité, de partage, du devenir monde dans lequel je désire vivre. Je pense que nous pouvons bien faire le lien entre ces repères avec des affirmations, des slogans énoncés par des candidats(es) et discerner s’ils rejoignent les aspirations liées à notre foi. Cela demande le temps de la réflexion, du mûrissement et des échanges.
Mais les enjeux de la vie de millions de personnes de notre avenir, de la place de notre pays dans le monde et de notre avenir ne méritent-ils pas que nous prenions ce temps, cet engagement et cette responsabilité de voter ?
Bien entendu, nous sommes invités à nous impliquer encore bien autrement, chacun, selon ses dons, peut contribuer à la construction d’un monde plus juste, plus fraternel, plus habitable.
Ces repères peuvent nous guider dans tous nos choix et engagements. Peut-être, pourraient-ils être complétés ou/et développés. Ils ont été publiés en 1999. Or, Le monde évolue.
Je pense, en tout cas, à toute la question du respect de la Création qui nous est confiée. Nous sommes invités à la cultiver et à en prendre soin pour que tous aujourd’hui et demain puissent y vivre (Cf. Livre de la Genèse).
Comme moyens, nous pouvons souligner toute l’attitude de non-violence vécue par Jésus, ou exprimer positivement la logique de la pacification, du don, d’une fermeté respectueuse de l’autre, d’une approche constructive des conflits.
Vous, voyez-vous d’autres repères pour discerner à qui pourrait être confiée une responsabilité politique particulière, telle que celle d’élu et de représentant du peuple ?
Des temps de méditation de la Parole, de recueillement, de prière, de silence peuvent être une étape fructueuse pour mûrir ce choix et cet acte si important.
Je demeure volontiers à votre disposition pour accueillir vos réactions, vos réflexions et suggestions, voire pour réfléchir ensemble au lien entre vie chrétienne et politique.
Dans l’attente vos courriels, je vous souhaite bon courage pour discerner et pour choisir vos prochains représentants en fidélité à vos aspirations profondes.
Michel Racloz
Coordinateur Département Solidarités, Eglise catholique VD
Email : michel.racloz@cath-vd.ch
Livre de référence : Commission sociale des évêques de France, Réhabiliter la Politique, 1999, 80 pages, Ed. Centurion, Cerf, Fleurus-Mame.
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