Lundi : rendez-vous à la cathédrale de Lausanne, avec armes et bagages, parmi les quels un livret de chant de Taizé pour nos deux offices quotidiens, une bible pour lire, au rythme de notre marche, le récit des disciples d’Emmaüs et la carte du chemin de St Jacques entre Lausanne et Genève. Après avoir été accueillis par le saint lui- même, sculpté dans les stalles de la chapelle de Montfalcon, et un moment de prière où nous avons reçu un carnet de route dûment « tamponné » à la sortie, c’est en silence que nous avons traversé Lausanne, réfléchissant à nos motivations.
Au bord du lac, nous en avons parlé et pris notre premier pique-nique en commun. C’est surtout l’envie du voyage à pied qui semblait nous appeler chacun. Mais, en ce lundi de Pâques ensoleillé, nous attendait un vrai slalom entre les promeneurs jusqu’à Morges. Ah ! vivement des chemins plus sauvages…
Mardi : deuxième journée de marche et de découvertes. Ce matin-là, le soleil est de nouveau là, prêt à nous accompagner. Quelle joie de marcher ensemble :
avec la Nature, les autres et nous-même. La phrase de réflexion du jour prend alors place dans nos pensées. Un moment de silence s’ajoute à notre marche, suivi d’un partage : que donc nous apporte Jésus ? A travers la beauté des paysages, des chants des oiseaux, du soleil offrant sa lumière et du ciel répandant son azur, ne faut-il pas voir un cadeau de Jésus ? mes compagnons, les autres n’apportent-ils pas un rayon de soleil sur mon cœur, à travers Jésus ? Les cadeaux du créateur sont infinis, comme l’univers. On ne peut que le louer et remercier le Seigneur, ensemble avec la Nature, dans l’amour : merci !
Mercredi : milieu de parcours, le rythme est pris. Les temps de silence, dans le recueillement ou au départ de Rolle, sont plus intenses, plus habités. A Jérusalem, les femmes annoncent une nouvelle (Lc 24, 22ss) mais on va quand même vérifier leurs dires. Et à nous ? Qui nous donne des paroles qui nous ouvrent au monde ou sur nous-même ? Et puis qui excluons-nous ? Que m’apportent ceux que l’on écoutent moins parce que l’on doute qu’ils soient porteurs de bonnes paroles ?… Nous méditons plus ou moins silencieusement selon chacun, jusqu’à midi. Nous nous arrêtons alors à Gland, sous un cerisier, et nous partageons. Il en ressort qu’il n’est pas facile d’écouter certains parce qu’on ne les rencontre pas ou qu’on ne veut pas entendre ce qu’ils ont à dire. Mais il n’y a pas que de l’homme que nous pouvons apprendre. Il y a aussi la nature et Dieu.
En repartant pour Nyon, un choix s’impose : passerons-nous par le chemin de St Jacques qui suit les routes ou ferons-nous ce détour qui nous mènerait au bord du lac ? St Jacques l’emporte… il faut dire que le détour comprenait un retour en arrière fâcheux. Mais nous arrivons tout de même à destination où nous mangeons enfin des röstis que Yoann apprendra à cuisiner sous la bonne garde d’André !
Jeudi, de Nyon à Céligny : nous avons marché seul, sur ce trajet. Nous devions méditer sur nous-même. Durant cette marche, nous avons pu alors marcher à notre rythme. Certains d’entre nous ont même rencontré des pèlerins qui allaient jusqu’à St Jacques. Nous nous sommes tous retrouvés pour aller pique-niquer derrière le cimetière. Le scout de service a fait un feu et nous avons grillé des cervelas.
L’après-midi, nous sommes allés au centre œcuménique de Bossey. Là-bas, nous avons partagé nos réflexions du matin. Nous avons bu quelque chose à la cafet’, puis nous sommes allés à la cure pour nous doucher et nous amuser. Pour le souper : de la fondue !
Vendredi : Nous nous sommes posés la question de savoir quelle différences il y a entre écouter et entendre. Nous avons médité là-dessus dans le silence durant une heure. Nous avons aussi analysé la façon dont on écoutait les autres. Nous avions, comme piste, la parabole du semeur, en écho à ce qui s’était passé sur le chemin d’Emmaüs (Luc 24, 32). Puis nous avons fait une pose sur le bord de la Versoix,
à Versoix. Ensuite nous repartîmes vers Genève, mais là, alors, ce fut un dur retour à la réalité : klaxons, voitures, ambulances et vitrines ! Nous avions vécu deux jours loin de la ville (depuis Nyon) et là, paf ! la plus grande des villes de Suisse Romande. Une fois arrivés au centre protestant de la Jonction, nous allâmes nous promener : la cathédrale était fermée et le jet d’eau en panne ! Nous avons alors fait des photos à côté de l’aigle de Genève et du lac puis nous sommes allés manger une pizza et un dessert (sauf Yoann qui en a pris deux). Ensuite, au centre, nous avons fait l’office et sommes allés nous coucher en sachant que c’était la dernière fois avant de rentrer chez nous : snif ! snif !
Samedi : aujourd’hui pas de marche… juste quelques mètres pour trouver un petit déjeuner… puis aller jusqu’à la gare où nous prenons le train pour Lausanne. Le groupe sent la fin (pour Yoann, c’est la faim !) et l’espoir d’une suite nous taraude. D’accord pour retrouver nos familles, notre train-train quotidien mais est-ce qu’il y aura à nouveau cette marche en commun, ces temps de silence plein d’une Présence, ces offices qui rythment la journée, ces moments passés seul au milieu de tous et les partages, les rires, les pique-niques, les prières ? Nos pieds nous ont portés quelques kilomètres en direction de Compostelle et maintenant c’est le retour, mais notre cœur continue le chemin, avec Jésus comme compagnon de route…
Judith, Marie, Matias, Yoann et André et Laurent de l’équipe NUAJ



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