Les racines
La démarche du pèlerinage s’ancre dans la Bible. On peut considérer Abraham comme étant le premier pèlerin, car il est celui qui, le premier, se met en route pour se rendre vers un pays inconnu sur l’appel de Dieu (Gn 12, 1 et Hb 12, 8 s.). Le peuple juif est, lui aussi, appelé à se rendre à Jérusalem afin d’y célébrer les trois grandes fêtes (fêtes des pains sans levain ou Pessah, fête de la moisson ou Chavouot, fête des Cabanes ou Soukkot). Jésus est fidèle à la pratique de ces fêtes. Il monte au Temple. Plus encore, en chemin, il montre, progressivement, à ses disciples le sens profond du pèlerinage : la vie tout entière est un pèlerinage sur la terre où l’homme apprend à reconnaître la présence agissante de Dieu dans l’histoire et à cheminer avec lui. Jésus, par sa vie et son message, nous apprend à dépasser sans cesse une conception trop matérielle du pèlerinage. Le salut n’est pas attaché à un lieu, il réside dans la personne même de Jésus et dans notre choix de nous mettre à sa suite.
Les temps du pèlerinage
Dans le pèlerinage, il y a quatre temps : celui du départ, celui de la marche, celui de l’arrivée et celui du retour. Le diocèse de Sens-Auxerre (en France) exprime cette démarche en quatre temps.
Partir

"S’arracher au quotidien, à la routine, au confort… mais aussi à nos responsabilités : accepter que, pour un temps, les choses se fassent sans nous. Partir, sans forcément savoir ce que l’on va trouver : combien de témoignages de pèlerins revêtent la forme. " Je partais pour telle raison, mais en fait, j’ai trouvé autre chose ".
Marcher
" A pieds ou en car le pèlerinage est un continuel déplacement, une marche vers un but, où chaque étape est signifiante. Une marche rythmée par l’écoute (de la Parole de Dieu, de textes d’un saint, d’explications sur les lieux traversés…), le partage avec nos compagnons (choisis ou non), le silence parfois."
Rencontrer
"Vivre plusieurs jours avec d’autres, écouter la même Parole, célébrer le même Seigneur, réfléchir et partager ensemble, découvrir peu à peu les richesses et les limites de chacun, apprendre à s’aimer différents ; l’expérience communautaire est une dimension fondamentale du pèlerinage. Si le dépaysement est géographique (nouveaux paysages, nouveau climat…), il est aussi humain. La traversée de la Terre Sainte, la visite de Fatima ou de Saint Jacques de Compostelle sont autant d’occasions de découvrir des femmes et des hommes pétris d’une autre culture, d’autres valeurs, et qui vivent leur foi d’une manière qui parfois nous interpelle ou nous déroute. A travers ces rencontres comme à travers l’histoire, l’archéologie, l’art de ces pays, nous apprenons à " élargir l’espace de notre tente " (Is 54,2)
Le bout du chemin
"Arrivés au but du pèlerinage, nous rencontrons Celui que nous sommes venus chercher. C’est un moment unique : joie de l’arrivée, joie de la beauté qui est toujours au rendez-vous, joie qui ouvre à une célébration d’action de grâce."
Revenir et être envoyé
" Il est souvent dur de repartir, de s’arracher à la magie de ces moments privilégiés. Le Christ, comme après la Transfiguration, comme au matin de la Résurrection avec Marie-Madeleine, nous envoie : " Va dire à mes frères… " (Mt 28,10).
Le pèlerinage ne s’arrête donc pas avec le retour chez soi. La démarche intérieure se poursuit et est appelée à rayonner autour du pèlerin.
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