Assise, 27 octobre 1986, c’est quoi ?
Le 27 octobre 1986, Jean-Paul II, en pleine guerre froide, invita les représentants des Eglises chrétiennes et des principales religions à prier pour la paix, à Assise (Italie). Au milieu des années 80, la vision culturelle se caractérisait par une perte d’impact des religions et, avec la sécularisation, la modernité allait progressivement les balayer. Après le 11 septembre 2001, la situation internationale attesta à l’inverse que les religions étaient un élément essentiel du contexte géopolitique dans un monde où l’on parlait de choc de civilisation.
Dans la 2ème moitié du 20ème siècle, après le traumatisme de la Shoah, des personnes de croyances différentes se sont rencontrées, ont parlé comme cela ne s’était jamais produit auparavant. Ce cheminement de l’œcuménisme chrétien a marqué les dernières décennies du siècle dernier. Cet œcuménisme-là a trouvé son prolongement dans le dialogue interreligieux, bien plus complexe en raison de la distance qui sépare les univers religieux. L’esprit d’Assise consista à réunir en une force communiante toutes les expériences œcuméniques et interreligieuses. Dans ce lieu prophétique, lié à la figure de François d’Assise, on assista à une manifestation commune de confiance dans les "énergies spirituelles de l’humanité comme dans la force de la prière" (1) . Cette journée eut une puissante portée symbolique, immédiatement perceptible par l’opinion publique.
Les suites d’Assise : 1986-2011
La communauté internationale de Sant’Egidio était présente à Assise en 1986. Depuis elle n’a cessé de diffuser le message de la paix dans l’esprit d’Assise. Dès 1987, année après année, elle a organisé des rassemblements interreligieux, "Hommes et Religions pour la paix".
Les diverses rencontres ont engendré une spiritualité du dialogue, manifeste dans cet appel final de Milan en 1993 : "La bonté du coeur, la voie de la compréhension, l’usage du dialogue (…) sont les ressources du croyant et du monde (…). Qu’aucune haine, qu’aucun conflit, qu’aucune guerre ne trouve un encouragement dans la religion !"
La Famille franciscaine, de par le monde, n’a cessé de multiplier rencontres interpersonnelles, commissions de dialogue, événements pour féconder l’esprit d’Assise.

Et aujourd’hui !
Aujourd’hui, pour marquer le 25ème anniversaire de la Rencontre d’Assise, des acteurs du dialogue oecuménique et interreligieux en Suisse romande se retrouvent avec enthousiasme pour témoigner de la paix d’Assise et pour vivre le bonheur de la rencontre entre hommes et femmes de diverses confessions chrétiennes et traditions religieuses.
Il nous a semblé que la musique, qui parle au coeur de chaque être humain, de toutes générations, pouvait être une belle porte d’entrée pour aborder la profondeur et la richesse de chaque tradition.
Alors bienvenue à St-Maurice, au foyer franciscain, les 29 et 30 octobre prochain, et que vive l’esprit d’Assise !
Le programme des deux jours (29 et 30 octobre 2011) est disponible ici. Vous trouverez également sur ce site toutes les informations pratiques pour le week-end !
Source : site romand des 25 ans d’Assise
Le décalogue pour la paix proposé par J-Paul II en 2002
En 2002, Jean-Paul II renouvela son invitation à Assise et proposa aux responsables présents de signer ce décalogue pour la paix.
1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.
2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l’estime mutuels, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d’ethnies, de cultures et de religions différentes.
3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d’une paix authentique.
4. Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.
5. Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.
6. Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l’effort commun pour vaincre l’égoïsme et l’abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n’est pas une paix véritable.
7. Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon, nous faisant la voix des sans-voix et œuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.
8. Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.
9. Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l’amitié entre les peuples, convaincus que, s’il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.
10. Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.
Source :Eglise Catholique de France
(1) Extrait de La paix préventive - Raisons d’espérer dans un monde de conflits, d’Andrea Riccardi (Salvator, 2005).
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