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En 2005, Frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé en France, nous quittait dans de douloureuses circonstances. Cependant, cet évènement n’a pas entamé la confiance, la paix et la douceur qu’irradie Taizé auprès des chrétiens.

Retour sur la vie de cet homme qui a marqué une génération et des milliers de jeunes à travers le monde entier.

 

Quelques repères biographiques

1940 : un jeune Suisse de 25 ans, dont la mère est d’origine française, décide d’aller partager en France le sort de ce pays occupé : «De Genève, je suis parti à bicyclette pour la France, cherchant une maison où prier, où accueillir et où il y aurait un jour cette vie de communauté.» 

C’est à Taizé, un petit village de Bourgogne où les habitants l’accueillent chaleureusement, qu’il choisit de vivre. «Dans ma jeunesse, j’étais étonné de voir des chrétiens qui, tout en se référant à un Dieu d’amour, perdaient tant d’énergies à justifier des oppositions. Et je me disais : pour communiquer le Christ, y a-t-il réalité plus transparente qu’une vie donnée, où jour après jour la réconciliation s’accomplit dans le concret ? Alors j’ai pensé qu’il était essentiel de créer une communauté avec des hommes décidés à donner toute leur vie et qui cherchent à se réconcilier toujours.»

Au fil des ans se développe la communauté de Taizé. En 1949, ils sont sept à habiter sur la colline et à venir en aide aux personnes de passage. Bientôt d’autres compagnons se joignent à frère Roger, encore et encore, jusqu’à aujourd’hui. A présent, la communauté se compose de frères venant d’une trentaine de nations et qui sont catholiques ou de diverses origines évangéliques. La communauté n’accepte pour elle-même aucun don. Les frères gagnent leur vie par leur travail. Leurs héritages personnels, ils les donnent aux plus démunis.

«Une des pures joies d’Évangile est d’avancer encore et toujours vers une simplicité du cœur qui entraîne à une simplicité de vie.» (frère Roger)

 

La réconciliation

Réconciliation : c’est l’essence de Taizé. Les milliers de jeunes du monde entier qui déferlent à Taizé «avec la régularité des vagues» depuis plusieurs décennies sont de toutes sortes de dénominations religieuses. Peu importe, ils trouvent à Taizé ce qu’ils viennent y chercher : un accueil respectueux de leurs croyances et cette prière en commun très simple et très rythmée qui les unit les uns aux autres.

«Parmi eux, des jeunes orthodoxes de Russie, d’Ukraine, etc. Comme tous, ils attendent d’être aimés. Ils savent qu’ils viennent de pays éprouvés, qui connaissent encore des tensions. Pourtant, ils sont porteurs de trésors d’humanité, nous avons à apprendre d’eux. »

Bien avant la chute du mur de Berlin, les frères de Taizé allaient discrètement dans les pays de l’Est rencontrer des jeunes. D’où le contact privilégié de Taizé avec l’Europe de l’Est.

«Pour les jeunes, nous souhaitons être avant tout des hommes d’écoute, jamais des maîtres spirituels. Avec eux, nous voudrions aller aux sources de la confiance de la foi, en particulier à travers l’irremplaçable prière commune qui, par sa beauté, vient toucher le fond de l’âme.»

«Ce ne sont pas les vastes connaissances qui importent au début. Elles auront leur grande valeur. Mais c’est par le cœur, dans les profondeurs de soi-même, que l’être humain commence à saisir le Mystère de la Foi. Une vie intérieure s’élabore pas à pas.»

Depuis 1978, Taizé organise avec des moyens modestes des rencontres de cinq jours dans divers pays du monde. Des centaines de milliers de jeunes y assistent et sont hébergés dans les familles ou les centres communautaires.