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Contrairement aux autres fêtes juives, Hanouka ou la fête des lumières, n’est pas à proprement parler une fête biblique. S’il est vrai qu’elle survient à peu près au même moment que la fête chrétienne de la Nativité et qu’elle repose sur la symbolique de la lumière, est-il possible d’aller plus loin dans la comparaison des deux fêtes ? Explications par Sylvain Campeau d’Interbible.

 

 

Rappel historique

Vers 175 avant notre ère, un nouveau roi, Antiochus IV Épiphane, règne sur les territoires de la monarchie séleucide. La Judée est sous son contrôle et la politique religieuse du nouveau souverain tend vers l’harmonisation des pratiques sur son territoire. La huitième année de son règne, Antiochus impose des divinités grecques à la Judée et à Jérusalem. Le Temple est « souillé » par un culte jugé idolâtre et provoque une réaction musclée des autorités religieuses.

Le grand prêtre Mattathias fomente une révolte armée et remporte quelques succès militaires. À sa mort, son fils Judas Maccabée prend la relève. Il ordonne alors la purification du Temple et l’installation d’un nouvel autel [1]. Au moment de rallumer la ménorah – le chandelier à sept branches – les prêtres ont du mal à trouver des fioles d’huile sacrée pour l’alimenter. Ils en trouvent une seule et c’est à partir de ce moment, selon la tradition talmudique, que se produit le miracle de Hanouka.

 

 

 

Le prodige

Une fiole permettait normalement d’alimenter la ménorah pendant une journée et il fallait plusieurs jours pour produire cette huile sacrée. Le procédé comprend la cueillette des olives, le pressage et à l’extraction de l’huile, sans oublier sa purification. Plutôt que d’attendre la fin de ce processus, on décida d’utiliser la fiole et d’allumer la ménorah : le chandelier aurait brillé pendant huit jours consécutifs sans qu’il soit nécessaire d’ajouter de la nouvelle huile.

 

 

 

Une fête peu ritualisée

Contrairement aux autres fêtes juives, Hanouka est peu ritualisée. C’est une fête qui dure huit jours et qui est marqué, chaque soir, par un rassemblement familial autour d’un chandelier à huit branches, la hanoukiya [2]. Chaque soir, on allume une nouvelle bougie ; le huitième jour, le chandelier brille de tous ses feux.

 

Ce petit rituel n’est pas sans rappeler notre couronne de l’Avent où l’on allume une nouvelle bougie chaque dimanche avant Noël. Dans les deux traditions, les bougies allumées rappellent la victoire de la lumière sur les ténèbres.

Mais la comparaison s’arrête ici. La hanoukiya rappelle le miracle de la fiole d’huile et la résistance devant une tentative d’assimilation culturelle et religieuse. Le sens de la fête peut se résumer à ce qui suit selon Maurice-Ruben Hayoun : « Elle nous enseigne que l’on peut gagner une guerre en faisant couler l’huile et non le sang ; que les guerres de religions sont désuètes et ne servent à rien sinon à accroître le nombre de morts [3]. »

 

Puisse ce message de paix être entendu en ces temps troublés par les replis identitaires et diverses formes de fondamentalismes.

 

 

Sylvain Campeau, responsable de la rédaction d’Interbible

 

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[1] Cet épisode est raconté dans les Livres des Maccabées qui n’ont pas été retenus dans la Bible hébraïque. Dans ces livres, le miracle de la fiole d’huile est absent.
[2] Le chandelier a en fait neuf branches mais celle du centre, légèrement décalée par rapport aux autres et appelée shamash, sert à allumer les autres.
[3] Maurice-Ruben Hayoum, « Ce que les fêtes de Noël et Hanouka ont en commun, en plus d’être célébrées le même jour cette année », Huffington Post, 23 décembre 2016. Article consulté le 9 décembre 2020.

 

 

Source : Interbible