Wouah ! Quelle aventure qu’est celle dans laquelle je me suis laissé embarquer. Percussionniste depuis une petite dizaine d’années, ayant une certaine expérience sur scène, me voilà mandaté pour sauver une bande de farfelus, comme ils se plaisent à s’appeler.
Je reçois un nouveau courriel. Je l’ouvre virtuellement en cliquant sur le bouton approprié. Une nouvelle offre d’emploi. Sur le moment, affalé dans une chaise en osier à Londres en séjour linguistique pour tink.ch, le projet me tentait bien. Mais ma dizaine d’heures de percussions par semaine a eu momentanément raison de ma bonne volonté.
Honnêtement, je dois dire que le temps n’était pas la seule raison de ma réticence première. M’étant orienté vers les sciences, la religion est relativement vite passée au second plan ( pour ne pas dire au dernier ). Cepandant, PASAJ n’est pas un groupe de théoriciens barbants. C’est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres, ou pas si nouvelles que ça pour certaines. Une amie proche a donc eu raison de moi, comme souvent d’ailleurs.
N’ayant réellement rien à voir avec le groupe, j’ai tout de même été accueilli et accepté dès le premier regard. Il faut préciser que la plupart des membres sont de sexe féminin, ce qui a peut-être accéléré les choses. Sans parler de mon look d’enfer qui laisse une trace indélébile telle la trainée de bave qu’une limace ou qu’un escargot laisse derrière lui, dans tous les endroits où j’ai eu le privilège de mettre les pieds. Avec un chapeau et des Ray-Ban Aviator miroir, on passe déjà pas inaperçu, mais avec un pantalon rouge à points blancs, c’est le choc culturel.
Cela étant, je me retrouve directement immergé dans cet océan de joie de vivre très communicative et je me prends au jeu. Tout se fait un peu à l’arrache pour moi – en effet, je joue avec eux pour la première fois à la générale… –, mais tout le monde arrive avec succès à me faire croire que tout est sous contrôle. Rassuré, je peux donc me concentrer sur le but de ma présence : accompagner un petit chœur. Chose difficile avec un instrument aussi imposant qu’est la batterie, en l’occurrence.
Deux concerts passe donc, puis la mélancolie s’installe. Une semaine de vacances avant une deuxième série de trois concerts cette fois-ci. C’est difficile après avoir ri et déconné avec autant d’intensité. Mais toutes bonnes choses ont une fin. Il faut savoir l’accepter. Finalement, on retrouve les copines qui n’ont pas changé d’un poil, toujours le sourire aux lèvres. Et c’est reparti pour quelques soirées de folie avec notamment des jam-sessions guitare/batterie ou guitare/voix avec le Cent titres.
Quand c’est enfin terminé – car oui, c’est épuisant – notre cerveau est inexorablement marqué par ces souvenirs et sentiments ressentis en commun. Reste alors qu’une seule envie : se revoir et recommencer.
L’avenir nous réserve sûrement une énorme quantité de surprises. Laissons donc le cours des choses se faire et voyons ce que ça donne. Nous sommes en tout cas amenés à se revoir et à partager de fantastiques moments d’émotions et de joie. Je me surprends à utiliser un vocabulaire très sophistiqué et religieux et je n’aime pas trop ça, mais essayez de trouver d’autres mots…
Xavier Willemin
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