Nasr Eddin 5

Nasr Eddin Hodja ou quand « idiotie » rime avec le jeu, la dérision, ou la vérité qui se cache derrière l’absurde. Aujourd’hui : l’histoire des conquêtes de son chef, Timour Leng.

 

Timour Leng est parti quelques jours pour une tournée d’inspection. Nasr Eddin fait partie de ceux qui l’accueillent à son retour.

– Ô souverain de la Terre ! Partout où tu passes règnent l’ordre et la prospérité !
– Puisse Allah t’entendre ! Au contraire, je n’ai vu que des désastres. Le premier jour, j’arrive dans une ville qui venait d’être rasée par un tremblement de terre. Le lendemain, je visite une région où sévit une famine terrible. Le surlendemain, c’est une ville décimée par le choléra. Le quatrième jour, je découvre une vallée submergée par les inondations… Alors je suis rentré.

– Oh ! Tu as bien fait, lui dit Nasr Eddin. Trois jours de plus et il ne resterait plus rien de tes conquêtes !

 

 

Source : Livre « Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja », paru aux éditions Phébus en 2002, par Jes-Louis Maunoury.