nasreddin-hodja

Nasr Eddin avait envie d’apprendre la médecine. Il alla voir le médecin le plus célèbre de sa ville et lui fit part de son désir :

– Tu tombes bien, lui dit le médecin, je vais visiter quelques malades; viens avec moi, tu pourras ainsi apprendre le métier sur le terrain.

 

Nasr Eddin accompagna le médecin chez le premier malade. Le médecin regarda à peine le patient et lui dit:

– Ton cas est très simple : ne mange plus autant de cerises, bois une tisane avant de dormir et demain tu seras guéri.

 

Nasr Eddin était plein d’admiration. Dans la rue, il ne tarit pas d’éloges :

– Ô ! maître, vous êtes vraiment un grand médecin! Comment, sans toucher le malade, avez-vous pu deviner de quoi il souffrait ?

– C’est très simple, lui répondit-il, j’ai regardé sous le lit et j’ai vu qu’il y avait un gros tas de noyaux de cerises. J’en ai déduit qu’il en avait trop mange.

 

Le Hodja se dit que la médecine était plutôt simple et qu’il pouvait l’exercer à son tour. Il se déclara médecin et, dès le lendemain, alla visiter son premier patient. Il entra, regarda sous le lit et ne vit que les vieilles babouches du malade :

– Ton cas est simple, lui dit,il, ne mange plus autant de babouches, bois une tisane avant de dormir et demain tu seras tout à fait guéri.

 

 

 

Source : Livre « Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja », paru aux éditions Phébus en 2002, par Jes-Louis Maunoury.