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Lorsque son âne mourut, Nasr Eddin éprouva un immense chagrin. Il resta couché quinze jours, sans boire ni manger.

Les voisins, qui viennent de temps à autre prendre de ses nouvelles, en sont stupéfaits :

– Nasr Eddin, comment peut-on éprouver tant de chagrin pour la perte d’une vieille bourrique ? Est-il décent que tu sois plus affecté que lorsque ta femme est morte l’an dernier ?

– Lorsque Khadidja est morte, vous m’avez dit : ne t’afflige pas trop, tu t’en trouveras une autre ! Personne d’entre vous ne m’a rien dit de tel cette fois-ci. J’en ai conclu que j’avais subi une perte beaucoup plus grande !

 

 

Source : Livre « Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja », paru aux éditions Phébus en 2002, par Jes-Louis Maunoury.