Le Pape regrette d’avoir été mal compris, mais il ne s’est pas excusé pour la citation utilisée. Le fera-t-il ce mercredi ?
Le Pape Benoît XVI a dit, ce dimanche, qu’il était profondément attristé par les réactions suscitées par un bref passage de son discours à l’Université de Ratisbonne, considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans. Il a ajouté qu’il s’agissait d’une citation d’un texte médiéval, qui n’exprime en aucune manière sa pensée personnelle.
Cela dit, doit-il vraiment s’excuser si son discours dans son ensemble est une invitation à un dialogue raisonnable et ouvert à toute religion, dans un grand respect réciproque ? Peut-être en apprendrons-nous davantage lors de son audience de ce mercredi.
Quels intérêts politiques se trouvent, selon l’Eglise catholique, derrière la récente indignation exprimée par les communautés musulmanes (Turquie, Egypte…) ?
J’estime que, dans le contexte actuel, au lieu de se cristalliser sur les raisons de l’indignation suscitée dans divers pays, c’est plutôt la disponibilité au dialogue qui est d’une très grande urgence.
Le christianisme est considéré comme une religion pacifique. Comment cette image se concilie-t-elle avec l’histoire du Moyen Age caractérisée notamment par l’Inquisition et les croisades ?
Chaque religion est appelée à réaliser la paix. En l’année jubilaire 2000, l’Eglise catholique l’a démontré clairement par les demandes de pardon de Jean-Paul II. Et le Pape Benoît XVI a dit lors des Journées mondiales de la Jeunesse à Cologne : « Les leçons du passé doivent nous servir à éviter de répéter les mêmes erreurs. Nous voulons rechercher les voies de la réconciliation et apprendre à vivre en respectant chacun l’identité de l’autre. »
Cette polémique, remet-elle en cause le dialogue interreligieux ?
Bien au contraire. Il faut savoir que dans son discours controversé de Ratisbonne, le Pape Benoît XVI a lancé un appel à un véritable dialogue des cultures et des religions, -« un dialogue dont nous avons un besoin urgent ». A mon avis, cet objectif a beaucoup plus de valeur que des excuses.
Source : Service de l’Information de Mgr Pierre Bürcher.
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