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C’est le mois de juin, la fin de l’année scolaire et académique sont proches.

Pendant la préparation de la célébration qui ouvre la grillade d’été dans le cadre de l’aumônerie UNIL-EPFL, je me suis posée cette question : « Comment ai-je vécu cette année avec les jeunes, comment je vois cet espace qu’on appelle aumônerie ? » Je voudrai partager mes réflexions avec vous.

Dans la salle principale où se déroule la majorité de nos activités, il y a un panneau avec quelques phrases, quelques mots laissés par les étudiants qui décrivent cette espace. J’en cite quelques uns : une maison, l’accueil, rencontres, amitié, amour, joie, bonheur, une respiration, prière, chant, bonne bouffe, etc.

 

Une image qui m’a accompagné pendant cette année à la messe des étudiants à la chapelle de Mon Gré m’apparaît  comme une évidence car elle reflète  parfaitement ce que je viens de citer. C’est l’icône de la Trinité peinte par le moine russe Andrei Roublev au XVe siècle.

 

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Quelques mots pour vous mettre dans le contexte. Elle illustre un passage de la Genèse, un thème classique le l’iconographie byzantine : l’hospitalité d’Abraham qui invite trois personnages au repas et pour un temps de repos.

 

Pourquoi cette image symbolise pour moi ce que je vis dans mon ministère ? Tout d’abord nous voyons 3 anges assis autour d’une table. Une table à l’aumônerie c’est très souvent le repas mais plus souvent une rencontre, un échange.

L’ensemble des personnages s’inscrit dans un mouvement circulaire, un mouvement « dirigé » mais dans le sens contraire à celui des aiguilles d’une montre.  Le temps passe différemment, très souvent on n’y pense pas quand nous sommes autour de cette table de rencontres.

Ce rythme circulaire exprime une communion. Douceur des visages, leurs regards attentifs expriment une écoute qui permet un vrai échange.

 

Les anges tiennent les bâtons de voyage, ils sont de passage, comme les jeunes. Ils s’arrêtent pour se nourrir, pour se reposer avant de continuer leur route. Certains d’entre eux ont déjà dit leur « adieu ».

 

Ils sont très semblables « les étudiants » et à la fois très différents car ils viennent du Maroc, du Québec, de la Finlande, d’Allemagne, du Salvador, de France, de Colombie, de Suisse, d’Espagne, de Tunisie, du Liban, de l’Iran… Il faut poser sur eux un regard attentif, passer le temps avec eux pour voir que chacun est unique.

 

Finalement cette communion des 3 personnages symbolise pour moi un amour parfait, l’accueil du cœur. Car s’aimer lorsqu’on est trois avec un même amour, c’est plus difficile que s’aimer lorsqu’on est deux.

 

L’ouverture est devant nous, la 4ème place est vide : c’est une invitation, car un amour parfait ne s’enferme pas, mais se partage avec joie. Surement, en septembre avec celui qui viendra peut-être du Mexique, d’Arménie ou d’ailleurs.

 

« Si quelqu’un m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et je souperai avec lui et lui avec moi. »  Ap 3.20

 

Justyna