Découvrez nos partenaires

Accueil > La vie monacale > Karl Rahner (1904 - 1984)

Karl Rahner (1904 - 1984)

samedi 4 février 2006

Nous vous proposons un petit voyage à la découverte des richesses que recèle la tradition monacale de notre Eglise ; ce mois-ci, nous nous rendons chez Karl Rahner (un père jésuite).

Conseil de lecture : ce texte est inspiré du cheminement spirituel des moines Chartreux (pour en savoir plus http://www.chartreux.org).

Karl Rahner (1904 - 1984)

Né à Fribourg-en-Brisgau (1904), Karl Rahner est prêtre de la Compagnie de jésus depuis 1932 et professeur de dogmatique à Innsbruck à partir de 1950.Ses Écrits théologiques l’ont placé au premier rang des auteurs catholiques contemporains. Par ses nombreuses études de théologie pastorale et ses analyses perspicaces de l’Église-en-situation, il continue à jouer un rôle prépondérant dans la « tradition » du message de Jésus Christ aux hommes du XXème siècle.

« L’aventure des Mages, c’est la nôtre »

L’homme au miroir de l’année chrétienne, Marne, 1966, p. 67-68.

Le cour des Mages s’est mis en route vers Dieu en même temps que leurs pas se dirigeaient vers Bethléem. Ils ont cherché Dieu, mais c’est Dieu qui conduisait leur recherche dès le moment où ils l’ont entreprise. Ils sont de ceux qui, dévorés par la faim et la soif de justice, aspirent vers le Sauveur, et repoussent la pensée que l’homme pourrait, sur la route de sa rencontre avec Dieu, négliger de faire le petit pas qui lui est demandé, sous prétexte que Dieu, lui, doit en faire mille.

Ils le cherchent donc, lui, le Salut. Ils le cherchent au firmament du ciel, mais aussi dans leur cour ; dans le silence, mais aussi par les questions qu’ils posent aux hommes, y compris aux juifs et à leurs saintes Écritures. Ils voient une étoile se lever au firmament d’une façon insolite, et voici que, par une douce condescendance de Dieu, leur science astrologique se trouve être le seul moyen de répondre à l’attente de leur cour innocent.

Ah ! leur cour aura bien tremblé un peu lorsque leur science, rejoignant l’idée vague, répandue autour d’eux, que les juifs attendaient un Sauveur, a pris brusquement l’allure d’une exigence pratique, celle d’un voyage très concret à entreprendre. Ils se seront effrayés de leur propre audace n’était-ce pas pécher par manque de réalisme et d’esprit pratique que d’avoir pris ainsi au sérieux les nobles conclusions de la raison théorique ? Mais non, ils sont forts, et animés d’un saint courage. Ils s’inclinent, ils partent. Et voilà soudain leur cour plus léger dès le moment où, quittant leur chez-eux, ils ont risqué le saut hardi qui leur était demandé ; ainsi en va-t-il toujours de celui qui, ayant tout

risqué, se révèle plus courageux que ne l’aurait laissé supposer son existence quotidienne antérieure. Ils empruntent des chemins bien sinueux ; mais, aux yeux de Dieu, c’est justement le seul itinéraire qui mène à lui dès lors qu’ils le cherchent avec confiance. La panique les saisit, si loin de chez eux et de leur train- train habituel ; mais ils savent que telle est la condition humaine : perpétuel voyageur, l’homme doit renouveler constamment son horizon et ne s’accrocher nulle part, sous peine de ne trouver, au lieu de sa vraie patrie et de son vrai lieu de repos, qu’un simple campement de voyage. Ils réalisent ainsi de façon existentielle (et non à coup d’idées cérébrales) que la vie est une incessante transformation, et qu’on n’atteint son épanouissement qu’à travers mille renouvellements de soi-même.

Texte choisi par Pascal Murri, gracieusement mis à disposition par la Communauté Saint Bruno (Centre laïc de la vie cartusienne)
www.selignac.org

Version imprimable de cet article Version imprimable

accueil  |   humour  |   e-cartes chrétiennes  |   portfolio  |   crédit  |   plan  |   contact  |   rss
www.pasaj.ch © certains droits réservés - 2004- 2008 - jeunes catholiques du canton de Vaud
29 bd de Grancy, 1006 Lausanne, 021 / 612 61 30