Le rite de St Pie V (la messe « en latin ») est le rite liturgique qui était en vigueur avant la réforme liturgique de 1969 qui a mis en oeuvre les orientations du concile Vatican II.
Un changement ou des changements ?
A la suite du concile Vatican II, d’importants changement ont été apporté à la liturgie. Ces modifications ont choqué bien des gens qui pensaient/pensent que c’était une infidélité à la tradition de l’Église, un abandon de valeurs essentielles. "On nous change la religion". Pourtant, au cours des siècles, la célébration de la messe a constamment évolué, par exemple l’eucharistie a été pendant des siècles célébrée en grec, avant de l’être en latin. La messe de saint Pie V a été elle-même une révision liturgique. D’autre part, actuellement encore, il y a une grande variété des rites liturgiques dans l’Église catholique, en particulier les rites des Églises orientales rattachées à Rome.
La réforme liturgique de Paul VI
Après la promulgation de la Constitution "Sacrosanctum concilium" sur la sainte liturgie, le 4 décembre 1963, le pape Paul VI a mis en place, le 29 février suivant, une Commission chargée de mettre en application le texte de la constitution. Le 3 avril 1969 est publié le nouveau Missel romain. Ce missel a subi une petite révision en 2002.
La messe tridentine
Le 7 juillet 2007, Benoît XVI publie la lettre Apostolique « Summorum pontificum » qui en permet un usage plus large de la messe tridentine. Mais qu’est-ce que c’est au juste ?
Petit parcours en trois points pour la comprendre :
rappel historique
le sens de la messe tridentine
son rutuel
Court rappel historique de la messe tridentine dite de Saint Pie V à 1962
Le concile de Trente en 1563 a confié au pape la révision du missel. Le pape Pie V a promulgué cette révision en 1570. Puis, le rite de St Pie V a subi une série de révisions. Le pape Pie XII, suite à la publication de son encyclique Mediator Dei en 1947 sur les principes de la liturgie, entama une révision plus profonde du Missel en 1956. Il fit une rénovation radicale des cérémonies de la Semaine sainte. La dernière révision est le Missel romain de 1962.
Les traditionalistes appellent la messe de St Pie V " messe traditionnelle "
En réalité, l’ancienne messe en latin n’a jamais été abolie, mais son utilisation a été restreinte après l’introduction de la nouvelle liturgie. Elle devait être autorisée par les évêques locaux.
Sens de la messe tridentine de Saint Pie V
La liturgie de la messe de St Pie V exprime fortement la présence du sacrifice de la croix. C’est le sacrifice de la messe, le saint sacrifice. Elle insiste notamment sur l’ adoration de la présence réelle.
La messe est dite face au tabernacle dans lequel le Christ est présent et le prêtre se situe entre les fidèles et l’autel. Le prêtre et l’assistance sont tournés ensemble vers l’autel.
Les gestes d’adoration (génuflexion), la langue sacrée (le latin), le mystère et le silence qui entourent la consécration manifestent le caractère sacré de la messe.
Rituel de la messe de Saint Pie V
Voici quelques caractéristiques de la célébration de la messe de St Pie V.
La messe comporte deux parties : 1/ messe des catéchumènes 2/ messe des fidèles, qui est le Saint Sacrifice, à partir de l’offertoire. Dans la messe de Paul VI, ce sont la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique.
La messe commence par les prières du prêtre et des acolytes au bas de l’autel et la montée à l’autel. Elles ont été supprimées dans la messe de Paul VI.
Les prières de l’offertoire - Elles montrent le caractère propitiatoire de l’offrande qui est faite Jésus Christ immolé pour nos fautes. Elles ont été modifiées dans la messe de Paul VI.
Le canon de la messe - Il contient l’énumération des saints de Rome (Lin, Clet, Clément, …). Il a été conservé comme première prière eucharistique dans la messe de Paul VI
Le dernier Évangile - A la fin de la messe, après l’Ite missa est, le prêtre lit le prologue de l’Évangile de St Jean. Il été supprimées dans la messe de Paul VI.
Les précisions de Benoît XVI
Dans une lettre aux évêques qui accompagne la lettre apostolique « Summorum pontificum », Benoît XVI tente d’apaiser les craintes exprimées par certains prélats. Il souligne ainsi que la "crainte d’amenuiser l’Autorité du Concile Vatican II et de voir mettre en doute une de ces décisions essentielles, la réforme liturgique", n’est "pas fondée".
Benoît XVI explique que le "motu proprio" vise à "parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise". Il s’agit notamment d’y ramener le mouvement catholique ultraconservateur fondé par l’évêque français excommunié Marcel Lefebvre.
Pour Benoît XVI, "l’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste (…) Evidemment (…), les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux" rites.
En définitive, souligne Benoît XVI, "rien n’est donc retiré à l’autorité de l’Evêque dont le rôle demeurera de toute façon de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité".
Télécharger la traduction non-officiel des évêques de France.

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