Les quatre hommes représentent quatre églises : l’Eglise catholique, l’Eglise orthodoxe, l’Eglise réformée, l’Eglise évangélique charismatique.
Les quatre hommes étaient en train de se mettre d’accord : ils allaient amener leur ami paralysé à Jésus. Cela ils le savaient - comment le reste se passerait, était encore un mystère, mais chacun avait ses idées.
« Le simple fait d’être devant le Roi le transformera », dit l’orthodoxe avec conviction, « lorsque nous entonnerons tous ensemble : Seigneur des Seigneurs, et Roi des rois, voici ton enfant, que la splendeur de ton règne se répande sur lui, et que tous les saints dans ta demeure - et je nomme juste quelques-uns pour que tu saches de qui je parle… »
« Oui, mais, » interrompit le Catholique, « il faut mettre Marie dans la liste, et à mon avis c’est le sacrement B, variante D qui conviendrait le mieux à cette occasion, vous serez heureux d’apprendre que j’ai mon livret avec moi. »
« Hmm », murmura le réformé sans conviction. « Moi je dirais : n’oublions pas de bien préparer notre ami au cas qu’il n’y aurait pas de guérison miraculeuse, ah, je veux dire, bien sûr que quelque chose de bien va se passer, n’est-ce pas, mais il ne faut pas trop se réjouir en avance, nous savons quand même que ce ne sont pas tous les malades qui sont guéris, et il serait dommage de le décevoir… » Sa voix se perdit dans un vague silence.
« Comment ça ? ! » se fâcha l’évangélique à tendance charismatique. « La parole dit clairement que toutes choses sont possibles pour ceux qui croient en Dieu. Il nous faut donc nous lever victorieusement dans cette parole et chasser tout esprit d’infirmité, de doute, de faiblesse, d’incrédulité, de timidité (car Dieu ne nous a pas donné un Esprit de timidité mais un esprit de force, d’amour et de sagesse), ah, j’en étais où ? »
Le malade parla. « Vous vouliez m’amener à Jésus, non ? » dit-il, un peu perplexe.
Les quatre se rappelèrent pourquoi ils étaient là. « Oui, allons-y », dirent-ils, et ils prirent les quatre coins du brancard improvisé. En route chacun murmura ses convictions : « Adorons ! » dit l’orthodoxe. « Confessons ! » dit le catholique. « Attention ! » dit le réformé. « Proclamons sa guérison ! »dit l’évangélique charismatique.
En arrivant à la maison, ils virent qu’il y avait un problème. Trop de monde. Pas moyen de traverser toute cette foule. Les quatre se grattèrent la tête. Chacun avait une proposition à faire : « En attendant regardons cette icône. » « Essayons de trouver Marie. » « Retournons chez nous. » « Triomphons par le Saint Esprit et nos coudes. »
Le malade ne disait rien. Ses yeux étaient désespérés. Les quatre le regardèrent, et leur cœur fit un tour en eux. « Dieu doit avoir une autre solution », dit l’orthodoxe. « Unissons nos forces », ajouta le catholique. « Ce toit ne me semble pas trop épais », observa le réformé. « Alors, qu’est-ce que nous attendons ? ! » renchérit l’évangélique charismatique.
Ainsi ils montèrent sur le toit, avec leur ami, et ils creusèrent un trou dans le toit, à travers lequel ils firent descendre leur ami, tout doucement, devant les pieds de Jésus.
Celui-ci, en voyant leur foi, se tourna vers le paralysé, et il le guérit : invisiblement et visiblement il le guérit, dans son esprit, son âme et son corps il le guérit, et les gens autour étaient bouleversés et se dirent : il y a alors un vrai Dieu, quand même !
Et nous, nous laisserons-nous toucher, prendrons-nous le chemin qui unit dans l’action, qui laisse Dieu agir, malgré nos différences ?
Hetty Overeem
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