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La transmission des évangiles, quelle garantie d’authenticité ?

dimanche 24 avril 2005

Le Da Vinci Code de Dan Brown pose une question essentielle : les 4 évangiles de la Bible sont-ils dignes de foi. Aujourd’hui : la transmission des évangiles.

On peut se demander comment les évangiles écrits pour certain avant l’année 70 ont pu se conserver sans déformations jusqu’à aujourd’hui. En effet l’imprimerie n’existe que depuis 1450. Comment les Évangiles se sont-ils transmis du 1er au 15e siècle ? D’abord ce furent des récits oraux, puis ils ont été rassemblés et mis par écrit à la main sur des “ papyrus ”, copiés recopiés, parfois avec des fautes ou de légères différences. Dès lors peuvent-ils être considérés comme fiables ?

Cette question s’est souvent posée et elle est importante puisque les 4 évangiles fondent la foi de million de chrétiens. Il n’est dès lors pas étonnant de voir de nombreux savant étudier cette question. C’est d’ailleurs devenu une science à part entière : « textographie ».

Les évangiles ont été écrit à la main

Les Evangiles ont été écrits à la main, avec de l’encre, sur des « papyrus » et des « parchemins. » Le papyrus est l’ancêtre du papier. Il s’agissait de feuilles de roseaux collées ensemble pour faire des pages. C’était bon marché, mais fragile. Les parchemins étaient des peaux, en général de mouton, apprêtées pour l’écriture et que l’on reliait en cahiers, comme des livres. Ces derniers sont appelés des « codex. »

Les plus anciens manuscrits

Il existe aujourd’hui environ cinq mille manuscrits du Nouveau Testament (morceaux ou textes entiers). Pour certaines œuvres d’écrivains de l’Antiquité, il n’y a parfois qu’une seule copie manuscrite. Le plus ancien manuscrit que nous connaissions pour les Evangiles est un morceau de papyrus de neuf centimètres sur dix qui donne de l’Evangile de Saint Jean les versets 31 à 33 et 37 à 38 du chapitre 18. On a réussi à le dater des environs de l’an 12O (c’est le début du deuxième siècle, quarante ans seulement après la rédaction du texte) - (9).

Il y a aussi un fragment de papyrus trouvé à Qumrân, près de la mer Morte, et dont les quelques lettres semblent pouvoir être attribuées à l’Évangile de saint Marc. Ce fragment serait antérieur à l’année 70. De la fin du 2e siècle, et du 3e, nous avons beaucoup de fragments, et certains très importants. À partir du 4e, on a des codex contenant l’ensemble des Évangiles et tous les autres livres du Nouveau Testament (Actes des Apôtres, Épîtres, Apocalypse).

Il y a donc entre 40 ans pour les premiers fragments et 230 ans pour le texte complet entre le moment où ils ont été écrits et la plus ancienne copie qui nous est parvenue.

Pour des écrivains grecs comme Sophocle, Aristophane, Euripide, il y a quatorze à seize siècles entre la mort de l’auteur et le premier manuscrit que nous ayons ! Et neuf siècles pour Jules César (la guerre des Gaules) !

Les méthodes de copie

Les méthodes de copie sont aussi très intéressantes parce que, bien qu’il y ait de temps en temps des fautes, des erreurs, des variantes, dans l’ensemble le texte est très sûr.

En effet il n’y a pas seulement des généalogies de copies avec chacune un ancêtre différent, mais ces lignées ont été recoupées entre elles : celui qui dictait à des copistes avait en main parfois deux ou plusieurs manuscrits et ainsi les lignées verticales de copies se sont croisées de nombreuses fois.

Cette transmission en « réseaux interconnectés » est absolument unique dans l’histoire des manuscrits et procure une assurance de fidélité très grande. Les petites variantes ou omissions ont peu d’effet sur l’ensemble des transmissions.

Le réseau multiple par lequel les Evangiles ont été transmis à travers différentes langues (Grec, Syriaque, Arabe, Copte, Latin) et les multiples générations croisées de copies peut-être comparé à la structure du cerveau où d’innombrables lignes nerveuses sont parallèles et peuvent s’inter connecter de façon multiple.

A la fin de nos 2 articles sur l’authenticité des évangiles, nous pouvons tirer trois conclusions.

Conclusion

- Le Jésus dont parlent les Evangiles a bien voulu fonder l’Eglise. Le Jésus de l’Evangile, c’est le Jésus de l’Eglise.

- Quant on compare les Evangiles à l’histoire, ils acquièrent une grande force : les historiens antiques confirment l’existence, la vie de Jésus, les preuves historiques et archéologiques confirment la vérité des lieux, du mode de vie, de la vie religieuse et politique de l’époque. Les Evangiles de plus, n’ont pas pu être écrits après coup, parce que tout le paysage historique va être bouleversé en l’an soixante dix avec la destruction de Jérusalem et les transformations politiques.

- La transmission des Evangiles à travers un système de copies en réseau multiple est exceptionnelle et de très loin la plus fiable de toute l’antiquité.

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