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De l’enfance au couvent et à la prêtrise

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De son vrai nom Henri Grouès, il était né le 5 août 1912 à Lyon dans une famille nombreuse et aisée.

 

Il a 14 ans lorsque la vocation le saisit. Il décide de se faire moine franciscain et d’abandonner la vie confortable à laquelle il était promis. Il refusera d’ailleurs sa part d’héritage et troquera son uniforme scout contre la robe de moine, devenant frère Philippe pendant six ans, de 19 à 25 ans. Malade, il doit quitter son monastère peu après son ordination le 24 août 1938.

Affecté au diocèse de Grenoble, il devient vicaire de la basilique Saint-Joseph, aumônier d’un orphelinat, puis vicaire à la cathédrale de Grenoble.

 

 


De la 2ème guerre mondiale à la politique

Il est mobilisé comme sous-officier dans le train des équipages, en décembre 1939, au début de la seconde Guerre mondiale.
Son destin prend un nouveau tournant quand il s’engage dans la Résistance, dont il sera un des héros. Il entre dans la clandestinité en 1942, vient en aide aux Juifs, soutient les résistants du Vercors et réussit à faire évader Jacques de Gaulle, le frère du général de Gaulle. Arrêté en mai 1944 par les Allemands à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), il réussit à s’échapper et à rejoindre Alger.

 

Après la guerre, il est député de Meurthe-et-Moselle aux deux Assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP), puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège au groupe MRP. En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel. Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde.

 

 

Les Compagnons d’Emmaüs

Entre-temps, il s’est installé à Neuilly-Plaisance, en banlieue parisienne, dans une propriété en ruine qu’il remet en état. C’est là qu’un jour de

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1949, Georges, un ancien détenu, frappe à sa porte. Ce sera l’amorce du mouvement d’Emmaüs.

 

« Je ne possède rien, mais si tu veux m’aider, nous pourrons en aider beaucoup d’autres », lui dit l’abbé Pierre, qui n’a alors pour seule ressource que son indemnité de député.

 

Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements. Sportif, il n’hésitera pas à faire des plongeons spectaculaires pour attirer l’attention du public et des médias.

En 1952, il participera au jeu « Quitte ou double » pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 254 000 francs.

 

 

L’appel de l’hiver 54

Le 1er février 1954, l’Abbé Pierre lance son célèbre appel radiodiffusé pour «l’insurrection de la bonté». Cet épisode célèbre de sa vie sera porté en 1989 à l’écran par Denis Amar, dans Hiver 54.

Quarante ans plus tard, alors qu’il est revenu sur le devant de la scène pour dénoncer «le chancre de la pauvreté», il lance sur les ondes un deuxième appel aux Français en faveur des 400.000 sans-abris, et pour défendre le droit au logement pour tous. Infatigable, il intervient dans la rue, à la télévision, ou encore à l’Assemblée nationale en janvier 2006, à quatre-vingt dix ans passés.

 

 

Petit bémol

Seul bémol sur cette extraordinaire biographie d’un homme qui fut longtemps la personnalité préférée des Français, son soutien, en 1996, à l’écrivain révisionniste Roger Garaudy. L’abbé Pierre retirera ses propos et s’en expliquera dans Mémoire d’un croyant (1997). Pourtant sa popularité ne changea pas.

Promu Grand officier de la Légion d’honneur en 1992, il refuse de la porter jusqu’en 2001, pour protester contre le refus du gouvernement d’alors, d’attribuer des logements vides à des sans-abris. En 2004, il est élevé à la dignité de Grand’croix. En 2002, il avait appelé à voter Jacques Chirac au second tour de la présidentielle.

Arrivé dix-sept fois en tête du Top 50 de la personnalité préférée des Français (selon le Top 50 Ifop/Journal du Dimanche) entre 1989 et 2003, le fondateur d’Emmaüs avait demandé en 2004 de ne plus y figurer , souhaitant que « des plus jeunes occupent cette première place ».

Il meurt le 22 janvier 2007 âgé de 94 ans.

 

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