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"Le Chat du rabbin"

dimanche 12 juin 2011

Peut-être avez-vous lu cette savoureuse BD, notamment en prêt au CIDOC ? Histoire d’un chat très bavard, qui aime discuter avec son maître qui est rabbin et qui est éperdument amoureux de sa fille… Chronique chaleureuse mise à l’écran de la vie quotidienne à Alger dans les années 1920, ce film d’animation sait aussi trouver le ton juste et joyeux pour parler de théologie et d’aventures exotiques.

La BD

Publié chez Dargaud à partir de 2002, la bande dessinée de Joann Sfar a connu aussitôt un grand succès. Questionnement théologique sur le judaïsme, mais aussi sur le fait religieux et sur le vivre ensemble au-delà des différences culturelles, Le Chat du rabbin et son auteur sont vite entrés dans les écoles et collèges. Joann Sfar dit que c’est cette confrontation avec le jeune public qui l’a poussé à faire un film d’animation.

L’histoire du film

Condensé de plusieurs épisodes, le film a pour personnage principal le rabbin Abraham Sfar. Il vit à Alger dans les années 1920, avec sa fille Zlabya et leur chat, qui n’a pas de nom et que tout le quartier appelle "le chat du rabbin". C’est le chat, trouvant soudain l’usage de la parole et voulant se convertir au judaïsme, qui pose les épineuses questions théologiques à un brave rabbin dépassé par les événements. Autour d’eux, un imam musulman, des catholiques colonisateurs, des russes exaltés, des fanatiques de tous bords.

Baigné dans les couleurs lumineuses de la Méditerranée et par la tolérance généreuse des personnages, le spectateur est emporté dans un grand élan humaniste dont il ne peut ressortir que meilleur. Mais Le Chat du rabbin ne tombe pourtant pas dans un monde factice où ne règnent que la gentillesse et le bon sens. Avec humour, le racisme, l’antisémitisme, la bêtise et l’extrémisme sont mis en scène, à leur juste place. On apprécie le naturel avec lequel les personnages y font face, sans violence outrancière et avec intelligence.

Entre dessins et jeu d’acteurs

Bien qu’il s’agisse d’un film d’animation, c’est avec gourmandise que Joann Sfar parle des comédiens. Les réalisateurs se sont appliqués à faire bouger les personnages comme des acteurs et ainsi Zlabya a les rondeurs féminines d’Hafsia Herzi, le rabbin la démarche et la bonhommie de Maurice Bénichou. Un soin particulier a été apporté aux voix, avec François Morel pour le chat, Fellag pour le cheik Sfar et Marguerite Abouet (auteur de la bande dessinée Aya de Yopougon aux éditions Gallimard) est l’Africaine rencontrée en chemin. Au passage, on peut souligner que c’est une actrice d’origine musulmane qui donne sa voix et sa silhouette à une fille de rabbin, un acteur européen, Mathieu Amalric la sienne à un prince arabe. Exercice naturel pour de véritables comédiens et une pierre de plus à l’élaboration du message universel auquel s’attachent les réalisateurs Joann Sfar et Antoine Delevaux.

Source : Signis

"Le chat du Rabbin" est actuellement dans les cinémas vaudois !

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