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Le latin serait, a priori, une langue morte, selon une idée bien répandue. Il n’est en effet plus parlé couramment depuis plusieurs siècles. Pourtant, est-ce vraiment le cas?

 

Or, que nous en soyons conscients ou pas, nous utilisons nolens volens une multitude de locutions latines au quotidien. Le français n’est évidemment pas apparu ex nihilo, et les réminiscences de la langue de Cicéron dans notre manière de nous exprimer ne sont que les derniers témoins attestant d’une longue évolution linguistique.

 

Qui se souvient encore que des mots aussi banals que villa, aquarium, agenda, et cætera viennent du latin ? Comme il est regrettable que le quidam considère ce riche patrimoine d’un œil suspicieux, et juge son étude indigne d’intérêt en dehors du campus de l’alma mater ! Il n’est pourtant pas si loin, le temps où tous les enfants scolarisés se devaient de savoir par cœur les déclinaisons de cette langue. Et s’il est vrai que faire réciter machinalement le rosa, rosa, rosam n’était pas stricto sensu une méthode très pédagogique, la connaissance du latin serait a contrario – dixit certains puristes – une condition sine qua non pour la maîtrise de l’orthographe en français, au centre d’une polémique depuis l’apparition du langage SMS.

 

Aujourd’hui, on peut tout juste prétendre que le latin sert à « faire bien » sur son curriculum vitae, et encore, les employeurs ne reconnaissent plus vraiment sa valeur. Il faut dire que nous vivons à une époque où même l’enseignement de nos propres langues nationales est remis en question, alors le latin, vous pensez bien…

 

Néanmoins, cela ne sert à rien de s’apitoyer sur le passé. Carpe diem, comme on dit. Cet article ne plaide pas pour la réintroduction du latin comme branche obligatoire, mais simplement pour une sensibilisation, une prise de conscience de l’extraordinaire richesse de cette langue, et pour la conservation d’un esprit humaniste qui nous rappelle quelles sont nos origines. Parce qu’il faut se souvenir d’où l’on vient pour avancer vers l’avenir. Mais ça, c’est une sagesse chinoise…

 

Leslie

 

P.S. : Dans la lignée des expressions latines reprises ad litteram en français, on aurait pu encore citer a fortiori, alter ego, ad interim, grosso modo, in fine et j’en passe. La liste est si longue qu’un seul article ne permet pas de tout utiliser. Mea culpa.

 

N.B. : Pour celles et ceux que cela intéresse, vous pouvez trouver ci-dessous l’explication de toutes ces locutions.

 

Quid novi ? Expression latine signifiant littéralement : « quoi de neuf ? ».             

 

A priori: « En partant de ce qui est avant » : en se fondant sur des données sans les avoir vérifiées.

 

De facto: De fait (contraire de de jure).

 

Nolens volens: Équivalent latin de « bon gré, mal gré ».

 

Ex nihilo: « À partir de rien ».

 

Villa: Signifiait au départ une maison de campagne avec un jardin. C’est le même mot qui, au Moyen Âge, a donné « ville ».

 

Aquarium: « Réservoir à eau ».

 

Agenda: « Choses à faire ».

 

Et cætera (etc.): Littéralement « et toutes les autres choses ».

 

Quidam: Littéralement « un certain… » : individu dont on ignore le nom.

 

Campus: Du latin « plaine, champ » : vaste terrain comprenant les bâtiments universitaires et les résidences étudiantes.

 

Alma Mater: « Mère nourricière » : expression utilisée autrefois pour désigner la Patrie, et aujourd’hui pour signifier l’université.

 

Stricto sensu: « Au sens strict » : à proprement parler.

 

A contrario: « Au contraire ».

 

Dixit: « Il a dit » : selon l’opinion de…

 

Sine qua non: « Sans laquelle cela ne peut être » : condition indispensable.

 

Curriculum vitae (C.V.): « Le cours de la vie » : document sur lequel on explique notre parcours professionnel.

 

Carpe diem: « Profite du jour » : vis l’instant présent.

 

Post scriptum (P.S.): « Après avoir écrit » ou « écrit après » : ajout fait à une lettre après la signature.

 

Ad litteram: « À la lettre » : littéralement.

 

Mea culpa: « C’est ma faute ».

Nota bene (N.B.): « Notez bien » : remarque ajoutée en marge ou au bas d’un texte.