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Dans La Croix, le jésuite américain James Martin, rédacteur en chef à la revue America, résume les raisons du succès de la visite du pape aux Etats-Unis :

« Ce voyage est un triomphe. Qu’il parle à la Maison-Blanche, au Congrès, à l’ONU, ou à des enfants d’East Harlem, le pape François, qui n’était jamais venu ici, n’a pas commis un seul faux pas. Au contraire, il a brillé. Sa visite a apporté un changement à 180° : auparavant, porter le col romain vous attirait des remarques sur le scandale de la pédophilie. Maintenant, on vous dit : « J’adore votre pape ! »

Beaucoup ont été très touchés qu’il ait pris le temps de nous rendre visite. Comme d’autres, j’ai pleuré après l’avoir vu. Il a plu à Washington, à New York comme à Philadelphie et les gens l’ont suivi d’une ville à l’autre. La plupart des Américains – dont je suis – le considèrent à ce stade comme un saint vivant et cette réputation a encore grandi. La sainteté prend domicile dans l’humanité et le pape montre qu’elle est accessible. On se dit : «Je veux être de même» puis on se demande : «D’où cela lui vient-il ?» et cette interrogation peut conduire des personnes à l’Église.

Il a parlé du changement climatique, des migrants, de la pauvreté, de la peine de mort… Et, plus surprenant, il a mis en avant des figures longtemps considérées suspectes au sein de l’Église américaine, surtout parmi les catholiques les plus rigides : Thomas Merton et Dorothy Day. La fondatrice du Mouvement des travailleurs catholiques à qui le puissant cardinal Spellman, archevêque de New York de l’époque, avait conseillé de retirer le qualificatif catholique à son organisation. Il y a quelques années, la conférence épiscopale des États-Unis avait retiré Thomas Merton des saints américains figurant dans son catéchisme. Plutôt que de nous corriger sur ce qui ne va pas chez nous, le pape François nous a rappelé cet héritage, ce qui est aussi la manière la plus belle, créative et pastorale de s’adresser aux gens.

Évoquer Martin Luther King, comme il l’a fait à trois reprises, a montré également qu’il était sensible à notre histoire, l’appréciait et était habile pour savoir ce qui toucherait.

Il a aussi parlé à travers des actions : la petite Fiat dans laquelle il était véhiculé vaut dix homélies ! C’est une critique recevable à notre consumérisme. La force du pape François est de réussir à rejoindre non seulement des pays pauvres mais même une société consumériste comme les États-Unis où, de surcroît, tout le monde est loin d’être catholique. »

 

 

Source : Croire.com