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Le nouvel archevêque de Cracovie démissionne, après avoir demandé pardon

lundi 8 janvier 2007

Le nouvel archevêque de Cracovie démissionne, après avoir demandé pardon de sa collaboration, en paroles, dans sa jeunesse, avec la police secrète polonaise. Le cardinal Glemp dénonce une campagne d’accusations visant l’Eglise.

Source : zenit.org

Le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus, 67 ans, et qui avait pris ses fonctions vendredi dernier, a été contraint ce dimanche à la démission, une démission acceptée par Benoît XVI, indique une note de la nonciature apostolique à Varsovie, publiée dans la capitale polonaise et sur le site du Vatican.

L’archevêque n’a donc pas été « installé » et la messe prévue en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Varsovie, a été une messe d’action de grâce célébrée par le cardinal Glemp. A l’annonce de sa démission, Mgr Wielgus a été soutenu par la protestation de certains fidèles.

On se souvient que face aux accusations récurrentes lancées contre le nouvel archevêque nommé le 6 décembre dernier, le Saint-Siège avait jusqu’ici réaffirmé la confiance de Benoît XVI dans le successeur du cardinal Josef Glemp, qui prenait sa retraite, à 77 ans, tout en conservant, sur volonté du pape, son titre de Primat de Pologne.

Or, selon une commission d’enquête de l’Eglise catholique polonaise, Mgr Wielgus a été recruté par la police secrète polonaise, la SB en 1967, alors qu’il étudiait la philosophie de l’Université catholique de Lublin.

Cependant, la commission ne fait état d’aucun rapport écrit de sa main et n’a pas établi que ses rapports oraux aux services communistes aient nuit à quelqu’un.

La note de la nonciature se réfère à l’article du Code de droit canonique de l’Eglise latine selon lequel « l’évêque diocésain qui, en raison d’une maladie ou d’une autre cause grave, se trouve moins apte à l’accomplissement de sa fonction est vivement invité à présenter sa démission d’office » (canon 401, § 2).

Dans son homélie, prononcée d’abondance du cœur, le cardinal Glemp, applaudi à plusieurs reprises, a déploré, souligne aujourd’hui Radio Vatican, la façon sont les accusations ont été lancées contre Mgr Wielgus.

« Une vengeance » de ses anciens « persécuteurs » contre l’Eglise de Pologne

Le porte-parole du Saint-Siège a reconnu, au micro de Radio Vatican, que « le comportement de Mgr Wielgus dans les années du régime communiste en Pologne a compromis gravement son autorité, y compris auprès des fidèles. C’est pourquoi, en dépit de son humble et émouvante demande de pardon, le renoncement au siège de Varsovie et sa prompte acceptation par le Saint-Père sont apparues comme une solution adéquate pour faire face à la situation de désorientation qui s’était créée dans cette Nation ».

Pour le porte-parole du Saint-Siège, l’Eglise de Pologne a maintenant besoin de la solidarité de toute l’Eglise. « C’est, ajoutait-il, un moment de grande souffrance pour une Eglise à laquelle nous devons tous beaucoup, et qui nous a donné des pasteurs de la grandeur du cardinal Wyszynski et surtout du pape Jean-Paul II. L’Eglise universelle doit se sentir spirituellement solidaire de l’Eglise qui est en Pologne, et l’accompagner de sa prière et en l’encourageant, afin qu’elle puisse retrouver promptement sa sérénité ».

Mais surtout le P. Lombardi dénonçait une manoeuvre des anciens persécuteurs de l’Eglise en disant : « En même temps, il est bon d’observer que le cas de Mgr Wielgus n’est pas le premier et probablement ne sera pas le dernier cas d’une attaque contre une personnalité de l’Eglise sur la base de documents des services du régime passé. Il s’agit d’un matériel immense et en cherchant à en évaluer la valeur et à en tirer des conclusions fiables, il ne faut pas oublier qu’il a été produit par des fonctionnaires d’un régime oppresseur et maître chanteur ».

« A tant d’années de distance de la fin du régime communiste, une fois disparue la grande figure inattaquable du pape Jean-Paul II, la vague actuelle d’attaques contre l’Eglise catholique de Pologne, revêt les aspects d’une étrange alliance entre les persécuteurs d’alors et d’autres adversaires de l’Eglise et une vengeance de la part de qui, par le passé, l’avait persécutée et a été défait par la foi et par la volonté de liberté du peuple polonais, plus qu’une recherche sincère de transparence et de vérité ».

L’Eglise, rappelle-t-il, n’a pas peur de la vérité : « ‘La vérité vous rendra libre’, dit le Christ. L’Eglise n’a pas peur de la vérité ; et, pour être fidèle à leur Seigneur, ses membres doivent savoir reconnaître leurs propres fautes. Nous souhaitons à l’Eglise de Pologne de savoir vivre et surmonter avec courage et lucidité cette période difficile, afin qu’elle puisse continuer à donner sa contribution précieuse et extraordinaire de foi et d’élan évangélique à l’Eglise d’Europe et universelle ».

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