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"Le voleur de lumière"

mercredi 23 février 2011

Ce petit bijou d’une cinématographie diverse, spontanée et non sophistiquée a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs 2010, au Festival de Locarno et dans plusieurs autres festivals et il sera sur les écrans en Europe au mois de mars. A la 30ème édition du Festival de Amiens il a non seulement reçu le Prix spécial du jury mais également le Prix SIGNIS.

Film réalisé par Aktan Arym Kubat, le Jury SIGNIS a expliqué son choix de la manière suivante : "A une époque de changements politiques, dans un petit village du Kirghizistan, monsieur Lumière trafique les compteurs d’électricité pour aider les plus pauvres. Aktan Arym Kubat met en scène un homme ingénieux, passionné, solidaire de sa communauté. Il s’oppose à la commercialisation des éléments naturels - autrefois gratuits - l’eau, le vent, la terre et la sexualité. La richesse de la mise en scène à travers les symboles, le soin apporté à tous les personnages et l’humour, donne à cette histoire simple, une force politique inattendue."

L’histoire

Le film se passe au Kirghizistan, ancienne république soviétique devenue indépendante, située au fin fond des plaines de l’Asie Centrale.
C’est l’histoire d’un électricien-bricoleur qui vit dans un petit village au pied des montagnes kirghizes et qui travaille à vélo.

Dans le village, il a acquis une certaine notoriété pour deux raisons. La première est qu’il a un rêve : celui de construire des éoliennes un petit peu plus près des montagnes, là où il y a beaucoup de vent, permettant ainsi au village et ses environs d’avoir de l’électricité moins chère que celle venue d’ailleurs.
La seconde est qu’il aime rendre service aux pauvres qui n’ont pas assez d’argent pour payer leurs factures d’électricité. il va donc bricoler leurs compteurs et "voler l’électricité". Mr Lumière, comme on l’appelle au village, a une femme et quatre filles qu’il aime beaucoup. Mais pour son plus grand malheur il n’a pas de garçon ! Et au Khirghistan, visiblement, on n’est pas un homme si on n’a pas engendré de garçon.

Dans le village, règne aussi un caïd, qui roule en 4×4, a ses gardes du corps et une mentalité pourrie. Tout le village sait qu’il veut transformer la belle plaine en ville bétonnée avec des hôtels et surtout un centre commercial. Mais, rares sont ceux qui en veulent, de ce projet. Le corrompu va parvenir à ses fins, malgré la résistance des anciens, et surtout malgré celle du "voleur de lumière" qui paie de sa vie la résistance à la corruption et à la globalisation.

Film captivant grâce au personnage interprété avec humour et intelligence par le metteur en scène lui-même et aux splendides prises de vue mais aussi fascinant par son épaisseur sociopolitique. M. Lumière n’est pas un héros mais un homme ordinaire qui incarne la conscience de celui qui s’oppose de toutes ses forces à l’injustice et aux abus. Lui n’apporte que l’électricité à la vie des villageois, mais il fait aussi briller la lumière de l’amour et surtout du rire.

Source et images : Signis

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